RDC, Ouverture du procès de Vital Kamerhe : la défense demande et obtient le report au 25 mai

Vital Kamerhe

Attendu pour ce jour, le procès du directeur de Cabinet de Félix Tshisekedi a été effectivement ouvert, en République Démocratique du Congo. Mais après environ deux heures de débat, la séance a été levée et une nouvelle audience est convoquée pour le 25 mai, suite à la demande des accusés et de leurs conseils.

Vêtu de la combinaison bleue et jaune des détenus de la prison centrale de Makala où il séjourne depuis le 8 avril, Vital Kamerhe, directeur de Cabinet toujours en titre du Président Félix Tshisekedi, s’est présenté, ce lundi, à la barre pour l’ouverture de son procès, aux côtés de ses deux co-accusés : l’homme d’affaires libanais Samih Jammal, et Jeannot Muhima, chargé du service Import-export à la Présidence congolaise.

Pendant sa prise de parole, Vital Kamerhe a martelé qu’il n’était pas seul dans la supervision des travaux liés au programme d’urgence des 100 jours pour lequel il est accusé. En effet, il faisait partie d’une équipe de neuf personnes parmi lesquelles il y avait son adjoint à la direction de Cabinet du président de la République, Me Désiré-Cashmir Kolongele Eberande, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Deogratias Mutombo. Toute cette équipe était coordonnée par l’ambassadeur itinérant de Félix Tshisekedi, Nicolas Kazadi.

Par ailleurs, arguant de ce que leurs conseils n’ont pas pu accéder à toutes les pièces du dossier, les prévenus se sont joints à leurs avocats pour réclamer un report du procès, en vue de mieux connaître le dossier et mieux préparer leur défense. Sur ce point, ils ont obtenu gain de cause, puisque la poursuite du procès n’aura lieu que dans deux semaines. Mais pour ce qui est de la demande de mise en liberté provisoire, ils devront patienter encore 48 heures, puisque c’est le délai que le tribunal s’est donné pour statuer sur la question.
Enfin, si pour cette première audience du procès, le tribunal a accédé à la requête de la défense en autorisant la diffusion en direct des débats sur la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), il a été clairement indiqué qu’il n’en sera plus ainsi pour les prochaines assises.

Pour l’instant, tous les Congolais ont les yeux fixés sur la date du 25 mai 2020 pour la suite du procès qui passe pour une grande première dans l’histoire de la RDC au cours de ces deux dernières décennies. « Jamais dans l’histoire politique congolaise de ces deux dernières décennies, un acteur aussi important de la scène politique ne s’est retrouvé derrière les barreaux », avaient fait observer les experts du Groupe d‘études sur le Congo (GEC) de l’Université de New York.