RDC : Moïse Katumbi s’oppose officiellement à tout changement de Constitution


Lecture 4 min.
Moïse Katumbi, opposant rd-congolais
Moïse Katumbi, opposant rd-congolais

Moïse Katumbi hausse le ton face aux discussions sur une possible révision constitutionnelle en RDC. L’opposant dénonce une initiative qu’il juge dangereuse pour l’équilibre institutionnel. Il accuse le pouvoir de vouloir ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel.

Le paysage politique en République démocratique du Congo s’anime d’un nouveau souffle de contestation. Moïse Katumbi, figure de proue de l’opposition et président du parti Ensemble pour la République, vient de sortir de sa réserve pour adresser une mise en garde sévère au pouvoir en place. Alors que des velléités de réforme constitutionnelle émanent du camp présidentiel, l’ancien gouverneur du Katanga dénonce ce qu’il considère comme une manœuvre dangereuse visant à offrir un troisième mandat au président Félix Tshisekedi.

Un rappel historique aux allures de réquisitoire

Pour Moïse Katumbi, l’ironie de la situation actuelle est frappante. L’opposant n’a pas manqué de rappeler que Félix Tshisekedi lui-même s’était farouchement opposé à toute modification de la loi fondamentale il y a dix ans, sous le régime de Joseph Kabila. En qualifiant ce projet de « trahison » envers le peuple congolais, Katumbi souligne une contradiction majeure dans la trajectoire politique du chef de l’État. Selon lui, toucher au texte adopté à 85 % par la population ne réglerait en rien les maux profonds qui rongent le pays. Il pointe du doigt la mauvaise gouvernance plutôt que la Constitution pour expliquer la dégradation des routes, l’insuffisance des salaires des fonctionnaires, la faim persistante et le chômage endémique.

L’alerte sécuritaire et le soutien de l’Église

L’inquiétude de Moïse Katumbi trouve un écho retentissant auprès de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Les évêques catholiques ont également exprimé leurs réserves, avertissant qu’une telle initiative pourrait aggraver l’instabilité sécuritaire déjà précaire dans plusieurs régions du pays. Cette convergence de vues entre le leader politique et les autorités religieuses renforce l’idée que la révision constitutionnelle est perçue comme une « boîte de Pandore » qu’il serait périlleux d’ouvrir. L’opposant martèle que l’heure est grave et appelle à une vigilance générale pour préserver la paix et l’unité nationale, des biens précieux actuellement menacés.

Une stratégie de résistance organisée en quatre piliers

Pour faire barrage à ce projet, l’entourage de Moïse Katumbi a déjà élaboré une feuille de route précise. Olivier Kamitatu, porte-parole du mouvement, a détaillé un plan d’action destiné à mobiliser toutes les forces vives de la nation. Cette stratégie repose d’abord sur l’éveil de l’opinion publique et le rassemblement de toutes les forces de l’opposition, au-delà des clivages habituels. Ensuite, le mouvement prévoit d’utiliser tous les leviers démocratiques en étroite coordination avec la société civile. Enfin, une offensive diplomatique sera menée pour alerter les partenaires internationaux, avec la possibilité de solliciter des sanctions ciblées contre ceux qui tenteraient de déstabiliser l’ordre constitutionnel établi.

La priorité du dialogue et de la réunification

Au-delà de la défense du texte fondamental, Moïse Katumbi insiste sur la nécessité de réorienter les priorités nationales. Plutôt que de s’engager dans des réformes politiques controversées, il plaide pour l’ouverture d’un dialogue sincère visant à mettre fin aux violences meurtrières qui ravagent l’Est de la RDC. Pour l’opposant, l’urgence réside dans la réunification du pays et l’amélioration concrète du quotidien des Congolais. En appelant la population à se tenir prête pour défendre « la meilleure Constitution du monde », il pose les jalons d’un bras de fer politique qui s’annonce intense dans les mois à venir.

Sidoine
Sidoine observe, écoute et raconte l’Afrique telle qu’elle se vit au quotidien. Sur Afrik.com, il mêle récits, portraits et analyses pour donner chair aux événements et aux débats qui animent le continent
Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News