
Après 72 heures d’efforts et plusieurs tentatives restées vaines, les équipes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) sont finalement parvenues à évacuer, ce samedi, une baleine échouée sur une plage de Moanda, dans le Kongo-Central. L’animal, dont la carcasse est estimée à près de 12 tonnes, n’a pas pu être remis à la mer malgré une importante mobilisation.
Le spectacle avait suscité autant d’émerveillement que de tristesse. Depuis plusieurs jours, une imposante baleine gisait sur une plage de Moanda, attirant des centaines de curieux venus observer de près un animal aussi majestueux que rarement visible sur les côtes congolaises. Mais l’espoir de la voir regagner les eaux de l’océan s’est définitivement éteint samedi. Après plusieurs jours d’opérations, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a procédé à l’évacuation de la carcasse du cétacé. Il a ainsi mis un terme à une intervention particulièrement complexe.
Trois jours d’efforts sans parvenir à sauver le cétacé
Dès le signalement de l’échouage, jeudi, les équipes de l’ICCN, appuyées par les autorités locales et plusieurs intervenants, avaient tenté de remettre l’animal à flot. L’opération s’est cependant révélée beaucoup plus difficile que prévu. Le poids exceptionnel de la baleine, estimé à environ 12 tonnes, ainsi que l’absence d’équipements spécialisés ont rapidement limité les possibilités de sauvetage. Des tracteurs et plusieurs engins de levage ont été mobilisés dans un premier temps, mais aucun n’a permis de déplacer efficacement le gigantesque mammifère marin jusqu’à l’océan. Au fil des heures, l’état de l’animal s’est irrémédiablement dégradé, réduisant les chances d’un dénouement heureux.
Face à l’échec des premières tentatives, les autorités ont finalement décidé de faire venir une grue d’une capacité de 42 tonnes depuis Matadi, située à plus de 200 kilomètres de Moanda. L’arrivée de cet équipement lourd a changé la donne. Après plusieurs heures de manœuvres délicates, les équipes sont parvenues à soulever puis à évacuer la carcasse, sous le regard de nombreux habitants rassemblés sur la plage. Cette opération spectaculaire a nécessité une coordination minutieuse afin d’éviter tout risque pour les intervenants et les riverains.
Un phénomène rare sur les côtes congolaises
Les échouages de baleines restent relativement peu fréquents sur le littoral de la RDC, dont la façade océanique ne s’étend que sur une quarantaine de kilomètres le long de l’océan Atlantique. À l’échelle mondiale, plusieurs facteurs peuvent expliquer ces incidents. Les spécialistes évoquent notamment les maladies, les blessures provoquées par des collisions avec des navires, les enchevêtrements dans des filets de pêche, les perturbations liées aux activités humaines ou encore des erreurs d’orientation lors des migrations.
Dans certains cas, les marées, les courants ou l’épuisement empêchent les animaux de retrouver le large une fois échoués. Les autorités congolaises n’ont pas encore précisé les causes exactes de la mort de cette baleine. Des examens pourraient permettre d’en savoir davantage sur son état de santé avant son échouage.
Une inhumation envisagée
À ce stade, aucune communication officielle n’a encore précisé la destination définitive de la carcasse. Selon les premières informations recueillies, une procédure d’inhumation serait toutefois privilégiée. Cette solution permettrait d’éviter les risques sanitaires liés à la décomposition d’un animal de cette taille, tout en limitant les nuisances pour les populations riveraines. L’épisode aura également mis en évidence les limites des moyens disponibles pour faire face à ce type d’urgence environnementale. Plusieurs observateurs estiment qu’il pourrait encourager un renforcement des capacités d’intervention sur le littoral congolais, où la protection de la biodiversité marine constitue un enjeu encore peu documenté.
Au-delà de l’émotion suscitée par cet échouage, cette baleine rappelle la richesse souvent méconnue de la faune marine présente au large des côtes congolaises et l’importance de mieux protéger ces écosystèmes fragiles, confrontés aux effets conjugués du changement climatique, de la pollution et des activités humaines.





