RDC : manifestations contre le report de la présidentielle, 3 morts

En République Démocratique du Congo (RDC), au moins trois personnes, dont un policier, ont été tuées dans les manifestations à Kinshasa contre la loi électorale, qui permettrait un report de l’élection présidentielle prévue en 2016.

La manifestation à l’appel de l’opposition contre le projet de loi électorale qui permet de reporter l’élection présidentielle s’est transformée en un véritable bain de sang. Elle a été réprimée par la police et au moins trois personnes, dont un policier, ont été tuées ce lundi à Kinshasa. Les manifestations ont parfois tourné à l’émeute. De nombreux étudiants ont répondu à l’appel de l’opposition. Selon des témoins, plusieurs pillages ont eu lieu en marge de ces heurts.

Les affrontements ont eu lieu dans plusieurs quartiers populaires de Kinshasa, où les accès aux Parlement étaient hermétiquement bouclés pour empêcher une manifestation d’opposants, selon des témoins. Ces heurts ont notamment eu lieu dans les environs de la place Victoire, cœur de la « Cité », et près du campus de l’Université de Kinshasa (Unikin), dans le sud de la capitale, alors que l’opposition tentait de manifester devant le Parlement contre le projet de loi électorale en cours d’examen.

Manifestations à Goma

L’opposition, qui dénonce un « coup d’Etat constitutionnel », redoute que la réforme de la loi électorale soit une manœuvre du président Joseph Kabila pour repousser de plusieurs années la tenue des prochaines élections, prévues pour 2016. La réforme, approuvée au cours du week-end par la chambre basse du Parlement, prévoit qu’un recensement complet de la population soit mené à bien avant la tenue des prochaines élections. De son côté, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende a déclaré que les manifestations avaient échoué, alors même que les sénateurs examinaient à leur tour la loi, lundi après-midi. Il a aussi démenti que la police ait tiré à balles réelles et assuré que les chefs de l’opposition qui avaient appelé à des pillages auraient des comptes à rendre. « Il n’y aura plus d’impunité dans ce pays », a-t-il déclaré.

De plus dans l’est de la RDC, une manifestation a rassemblé d’autre part plus de 1 000 personnes à Goma, ville principale de l’est de la RDC, à la
frontière avec le Rwanda. La police a tiré des gaz lacrymogènes, et deux personnes auraient été touchées par balles, selon Reuters.