RDC: les soldats rwandais quittent le Nord-Kivu

Les soldats rwandais, présents dans l’est de la République Démocratique du Congo depuis plus d’un mois, entament leur retrait ce mercredi. Selon les autorités congolaises, leur coopération militaire avec le Rwanda pour démanteler le groupe rebelle hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) a porté ses fruits.

La coopération militaire inédite entre la République Démocratique et le Rwanda s’achève sur le terrain ce mercredi dans le Nord-Kivu. Des milliers de militaires rwandais déployés dans l’Est de la RDC depuis le 20 janvier se retirent. Ils avaient pour mission d’aider l’armée congolaise à débouter les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) de l’est de la RDC, soit près de 6 500 hommes hutu rwandais installés dans cette région après le génocide de 1994. Certains d’entre eux y auraient pris part. « Les troupes rwandaises qui se trouvent dans le fin fond du Nord-Kivu, dans les territoires de Walikale et Masisi (à l’ouest de la capitale provinciale, Goma), ont commencé leur désengagement », avait indiqué lundi à l’AFP le porte-parole de l’état-major conjoint, le capitaine congolais Olivier Amuli. La fin de l’opération a été marquée par une cérémonie officielle à laquelle des responsables rwandais et congolais ont assisté.

Mission accomplie pour Kinshasa

« Nous avons cassé l’ossature du commandement des FDLR, brisé leurs quartiers généraux, et déclenché le mouvement le plus important de rapatriement volontaire vers le Rwanda depuis 15 ans, avec près de 3 500 FDLR rapatriés ou en voie de l’être », a déclaré Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement de RDC, en faisant le bilan de l’opération conjointe. Elle aurait fait 87 morts dans les rangs du FDLR et huit dans le camp adverse. Les rebelles, pour leur part, affirment avoir tué « au moins 70 soldats congolais et rwandais » et perdu quatre combattants. D’après l’AFP, l’armée rwandaise et les Nations unies ont estimé à « quelque 350 combattants (et au moins 2500 civils) » le nombre de personnes qui sont retournées au Rwanda. En somme, la rébellion serait diminuée, mais pas sa « capacité de nuisance ». La police congolaise et la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) devrait prendre la relève. Mais la Monuc a indiqué qu’il n’y avait pas de « plan » établi concernant « une implication de la Monuc dans les opérations futures ».

Le retrait des soldats rwandais se fait selon le calendrier annoncé par le président congolais Joseph Kabila. Il en est autrement des forces ougandaises. Engagées depuis le 14 décembre en RDC pour mettre fin à la rébellion ougandaise de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony, elles auraient dû se retirer à la mi-février mais les autorités ougandaises souhaitent rester sur le territoire congolais jusqu’à ce qu’elles aient accompli leur mission. Kinshasa s’y est opposé : Lambert Mende a annoncé que les soldats ougandais quitteraient la RDC à la fin du mois de février.

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