RDC : les policiers accusés du meurtre de Chebeya risquent la perpétuité

Le procureur a requis une peine de servitude pénale à perpétuité pour les cinq prévenus accusés du meurtre du militant congolais des droits de l’Homme Floribert chebeya.

Le procureur a requis jeudi 13 août une peine de servitude pénale à perpétuité pour association de malfaiteurs et assassinat contre les cinq prévenus accusés du meurtre du défenseur des droits de l’Homme Floribert Chebeya. Ils étaient présents devant la Haute cour militaire de la République Démocratique du Congo (RDC). Ce réquisitoire rejoint les demandes formulées par les avocats des parties civiles dans leur plaidoirie de la semaine dernière.

Floribert Chebeya était le fondateur de l’ONG la Voix des sans-voix (VSV). Le farouche militant des droits de l’Homme Floribert Chebeya avait été retrouvé mort le 2 juin 2010, après avoir été convoqué au siège de l’inspection générale de la police. Il devait y rencontrer le général John Numbi, qui était alors chef de la police. Suspendu de ses fonctions peu après l’assassinat, ce dernier a toujours nié avoir donné ce rendez-vous, mais les parties civiles le considèrent comme le suspect numéro un. Quant au chauffeur de Chebeya, Fidèle Bazana, il a disparu après l’avoir déposé à ce rendez-vous. La justice soupçonne qu’il ait été assassiné car son corps n’a jamais été retrouvé.

Les organisations de défenses des droits de l’Homme et les parties civiles avaient dénoncé une enquête bâclé au terme d’un procès en première instance en 2011. Puis le procès en appel s’est ouvert en juin 2012. Après près de deux ans d’interruption, il a repris en avril de cette année. La Haute Cour a alors décidé rapidement de suspendre les poursuites en appel contre trois des policiers condamnés à mort sont en fuite. L’un d’eux, le major Paul Mwilambwe, contre qui une procédure est ouverte au Sénégal dans le cadre de l’affaire Chebeya, a notamment mis en cause le général Numbi.

De son côté, la partie civile s’est réjoui du réquisitoire du ministère public. « Le réquisitoire du ministère public répond à la mémoire des défenseurs des droits de l’homme Chebeya et Bazana qui se sont battus tout au long de leur vie contre la peine capitale », s’est réjoui Me Richard Bondo, avocat des parties civiles. Les avocats de la défense doivent commencer leur plaidoirie le 20 août.
De son côté, pour Me Bokata Ikundaka, avocat du principal accusé, le colonel Daniel Mukalay, le réquisitoire est extrêmement dur. « En termes de droit, c’est quelque chose de lourd et de sérieux », a-t-il ajouté. Me Didier Dimina, avocat du colonel Georges Kitungwa Amisi, acquitté en première instance, a pour sa part affirmé qu’il allait plaider « pour montrer que l’accusation n’est fondée que sur des simples affirmations preuve ».