RDC : le député Jean-Marc Kabund sauvé par Antony Blinken ?

Jean-Marc Kabund
Jean-Marc Kabund

L’ancien chef du parti présidentiel, Jean-Marc Kabund, a quitté la prison centrale de Kinshasa pour retourner chez lui, après quelques jours derrière les barreaux. La Cour de cassation de la RDC en a ainsi décidé. Sur pression américaine ?

En détention, depuis le mardi 9 août dernier, à la prison centrale de Kinshasa, le député Jean-Marc Kabund a été élargi par la Cour de cassation qui a toutefois ordonné son placement en résidence surveillée. Kabund a été inculpé pour plusieurs chefs d’accusation dont le délit d’outrage au chef de l’Etat, Félix Tshisekedi. Ruffin Lukoo, avocat du député, qui s’est confié à Anadolu, «la Cour a ordonné qu’il soit placé en résidence surveillé, chez lui à la maison, et non plus à la prison centrale de Makala».

La robe noire a en outre indiqué que le procès de son client «démarrera dans moins de deux semaines». Une décision de la justice congolaise plutôt surprenante, si l’on sait que d’anciens alliés de Tshisekedi jetés en prison ont mis du temps avant d’être élargi. C’est le cas de l’ancien chef de Cabinet du Président, Vital Kamerhe, qui a passé près de deux ans en prison dans le cadre de l’affaire dite «Travaux des 100 jours».

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Cette décision intervient au lendemain de la visite dans le pays du Secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken. Ce dernier s’était dit préoccupé par la détention du nouvel opposant. Washington avait assuré que ces pratiques étaient de nature à fermer l’espace démocratique, à l’approche des élections générales en République Démocratique du Congo. Surtout qu’en quittant le camp au pouvoir, Jean-Marc Kabund s’était déclaré candidat à la Présidentielle de 2023.

Fin juillet, M. Kabund a créé son propre parti, Alliance pour le changement, non sans appeler à chasser du pouvoir le Président Tshisekedi qu’il décrit comme un danger au sommet de l’Etat. Le député avait en outre accusé le régime de corruption. «Il est clairement établi que le système en place expose la République, le peuple ainsi que ses ressources… Les caisses de l’Etat saignent jour et nuit», avait-il accusé. Ce qui a poussé le Parquet général à l’inculper d’outrage au chef de l’Etat, injures publiques, imputations dommageables et faux bruits.

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