RDC : la situation sécuritaire est-elle une priorité pour le régime Tshisekedi ?

Le Président de la RDC, Félix Tshisekedi

Ceux qui pensaient que l’avènement de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême apporterait des solutions durables à l’insécurité dans la partie Est et aux violences dans l’Ouest du pays, attendent impatiemment ces solutions, deux ans après son investiture. Poursuite des exactions commises par les groupes armés à Beni au Nord-kivu, dans les Haut-plateaux de Fizi et Minembwe au Sud-Kivu, et en Ituri, ainsi que la recrudescence des violences dans la façade ouest, dans l’espace grand Kasaï…Autant d’éléments qui confortent certains observateurs dans leur pessimisme quant au changement tant attendu après l’élection de l’homme qui promettait « monts et merveilles » aux Congolais.

Après l’élection de Félix Tshisekedi, en décembre 2018, certains Congolais tablaient sur l’engagement de celui qu’ils appellent affectueusement « Fasthi », dans l’amélioration de la situation sécuritaire du pays. Dans la foulée, cette lueur d’espoir s’envole peu à peu. Deux ans après, certains se rendent compte qu’ils se construisaient des châteaux en Espagne, alors que d’autres se demandent si « l’’amélioration de la situation est réellement une priorité pour le régime Tshisekedi, qui assiste au massacre des Congolais chaque jour ».

Des chiffres alarmants !

« Au Sud-Kivu, les armées rwandaises et burundaises se battent par groupes armés interposés, dans les hauts-plateaux de Minembwe, détruisant tout sur leur passage (…) Il y a urgence pour nos autorités à démontrer également une réelle volonté politique pour mettre fin à l’insécurité à l’Est de la RDC », avait plaidé le Dr Denis Mukwege, au micro de l’AFP en mai dernier.

Un appel et tant d’autres sans effet, en atteste la persistance des exactions des groupes armés, dans l’Est du pays. Au moins 770 civils ont été tués par les rebelles de l’ADF, dans la région de Beni au Nord-Kivu. Dans son bulletin publié en août dernier, le Centre d’Etudes pour la Promotion de la Paix, la Démocratie et les droits de l’Homme (CEPHADO) a indiqué que ces massacres ont été commis par ces rebelles depuis le 30 octobre 2019.

Le grand Kasaï, fief même du Président congolais Félix Tshisekedi, vit dans la peur, suite à la recrudescence de violences et tensions, qui pourraient entrainer une nouvelle vague de déplacements massifs dans le pays. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), au cours du mois dernier, 24 000 personnes ont fui trois situations distinctes liées à des litiges fonciers, des affrontements entre différents groupes armés et l’armée régulière. Cette situation a conduit à de graves violations des droits de l’Homme, dans cette région du pays.

En Ituri, le chiffre reste aussi très alarmant. La Haut-commissaire aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, avait déclaré : « Entre le 1er octobre 2019 et le 31 mai 2020, au moins 530 civils ont été tués par des groupes armés en Ituri, dont 375 depuis le pic des violences en mars ». Des chiffres alarmants qui, en principe, devraient motiver la volonté du gouvernement Congolais d’assurer la sécurité de sa population; tel que le stipule la Constitution du pays, dans son article 46.

L’amélioration de la situation sécuritaire, promesse oubliée par le régime Tshisekedi ?

« Notre combat sera celui de vous apporter la paix, une paix définitive, une paix nécessaire pour la stabilité de notre pays », avait pourtant déclaré le chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi, lors de son paysage à Bukavu, dans la partie est du pays, en octobre 2019. Depuis lors, des Congolais attendent impatiemment la matérialisation de cette promesse, aux allures de lettre  morte, face notamment à la recrudescence de l’insécurité, dans plusieurs parties du pays.

Lors de son discours adressé à la population, à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance, le chef de l’Etat congolais s’est limité à déplorer des exactions commises par les groupes rebelles, qui endeuillent les régions de l’Est du pays et, dans la foulée, lancer un appel à tous les groupes armés de déposer les armes. Un élément ayant amené certains citoyens à se questionner sur les mesures concrètes du gouvernement pour mettre fin à l’insécurité dans l’Est du pays.