RDC : l’université de Kinshasa menacée

L’UNIKIN (Université de Kinshasa), la première institution d’enseignement
supérieur en RDC (République démocratique du Congo), construite par les colons belge dans les années
cinquante, court aujourd’hui de graves dangers. Une dizaine de têtes de
ravins la menacent de part et d’autre.

Notre correspondant en RDC

Le site le plus menacé par de l’Université de Kinshasa est situé au nord ouest. Dans cette zone qui abrite les cliniques universitaires, le CNPP ainsi que le centre
de recherche nucléaire, le spectacle est désolant. De
gros ravins progressent à pas de géant et menacent d’engloutir ces
infrastructures d’intérêt commun. Pierre Masumbuko, directeur
technique de l’intendance générale, explique que « le ravin est à
moins de 200 mètres des Cliniques universitaires et de l’école de
santé publique, située juste à coté des cliniques. Et de l’autre coté
de la route, c’est l’Institut supérieur des techniques médicales ISTM
qui risque d’être touché. » Ces ouvrages en danger coûteraient entre 9 et 10 millions de dollars chacun. Ce sont des grand batiments d’intérêt
communautaire, a-t-il ajouté .

Sauver ce patrimoine national n’est pas impossible. Mais pour y
arriver, il faudrait mettre la main à poche. Selon les estimations, plus de 16 millions de dollars américains seraient nécessaires pour maîtriser ces
ravins. Cette somme permettrait également de construire des collecteurs
et d’assainir le site, a précisé le directeur Masumbuko.

Les étudiants de l’UNIKIN n’ont pas gardé le silence. Ils ont lancé un vibrant appel aux autorités nationales afin de maîtriser ces ennemies naturelles, avant que le pire n’arrive. Un appel qui parait être déjà entendu par les autorités concernées. En effet, le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire a annoncé que
des travaux vont bientôt démarrer sur ce site. C’est une entreprise
chinoise qui devrait s’en charger, malgré les moyens limités dégagés par l’Etat.

Malheureusement, une autre entreprise chinoise est en train d’aggraver
le mal dont souffre l’université. Elle récupère de l’argile sur l’un des
sites érosif qui menacent directement le centre de recherche nucléaire. Cela, sans en mesurer le danger.