RDC : l’ultimatum expire, qu’a obtenu l’opposition de Félix Tshisekedi ?


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Lancement de la coalition C64 en RDC
Lancement de la coalition C64 en RDC

L’ultimatum fixé au 15 août par la C64 arrive à expiration. La coalition d’opposition, qui réclame le respect de la Constitution et la tenue d’un dialogue national inclusif, réunit ses dirigeants ce samedi à Kinshasa pour dresser le bilan du mois écoulé et décider de la suite de sa mobilisation.

L’ultimatum avait été fixé le 20 juillet. Après avoir renoncé à une marche prévue le 22 juillet à la demande de la CENCO et de l’ECC, la C64 avait accepté de laisser une chance au dialogue annoncé par Félix Tshisekedi. En échange, elle exigeait que les assises soient officiellement convoquées au plus tard le 15 août ou, à défaut, que des signaux concrets soient donnés. Ce samedi, le compte à rebours arrive à son terme.

« Nous allons fixer un nouveau cap »

Prince Epenge, l’un des responsables de la coalition, a confirmé la tenue de la réunion. Les dirigeants de la C64 doivent notamment examiner les résultats des démarches entreprises par les confessions religieuses auprès du pouvoir et de l’opposition. « Nous allons nous asseoir et évaluer », explique-t-il, en évoquant les échanges avec le cardinal Fridolin Ambongo et le révérend André Bokundoa. La question centrale sera de savoir si les engagements pris par le pouvoir ont été suivis d’actes concrets.

La C64 avait accepté de suspendre sa mobilisation de rue après que le cardinal Ambongo a fait état, le 17 juillet, de la disponibilité de Félix Tshisekedi pour un dialogue national d’engager le pays sur la voie d’un dialogue national inclusif. Les responsables religieux avaient ensuite poursuivi leurs consultations avec les acteurs politiques. Mais, pour l’opposition, le temps des déclarations touche désormais à sa fin.

Pas de dialogue convoqué, mais la loi référendaire avance

La question constitutionnelle complique davantage le climat politique. Le 28 juillet, la Cour constitutionnelle a déclaré conforme à la Constitution la loi portant organisation du référendum, tout en l’assortissant de réserves d’interprétation. La C64 a rejeté cette décision et accusé le pouvoir de vouloir ouvrir la voie à une transformation de l’ordre constitutionnel. Le 10 août, Félix Tshisekedi a demandé au Parlement une nouvelle délibération sur la loi référendaire afin de corriger les insuffisances relevées par le juge constitutionnel, étape indispensable avant sa promulgation.

La coalition considère le référendum comme une ligne rouge. Elle affirme que son combat ne vise ni une confrontation armée ni un renversement violent des institutions, mais la défense de l’ordre constitutionnel par des moyens politiques et citoyens.

Une opposition qui veut éviter l’enlisement

Pour la C64, le dialogue reste officiellement la voie privilégiée. Lorsqu’elle avait reporté sa marche de juillet, la coalition avait insisté sur la nécessité d’aborder les causes profondes de la crise congolaise : l’insécurité dans l’Est, la gouvernance, les difficultés économiques et sociales et les réformes nécessaires à la consolidation de la paix.

La réunion de ce samedi doit donc trancher une question simple : la C64 considère-t-elle que le pouvoir a donné suffisamment de garanties pour prolonger la trêve, ou estime-t-elle que l’échéance du 15 août justifie le retour à la rue ? De cette réponse dépendra en grande partie la prochaine séquence du bras de fer entre Félix Tshisekedi et une opposition qui a fait de la défense de l’ordre constitutionnel son principal mot d’ordre.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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