RDC : Kabila élu président d’un pays dans la tourmente

Sans surprise. Le président sortant Joseph Kabila a été proclamé vainqueur de la présidentielle du 28 novembre, a annoncé la Commission électorale indépendante. Les résultats provisoires de ce scrutin à un tour le créditent de 48,95% des suffrages devant son opposant principal Etienne Tshisekedi qui a totalisé 32,33 % des voix.

Joseph Kabila conserve son fauteuil présidentiel. Après plusieurs reports de l’annonce des résultats, la Commission électorale indépendante (CENI), l’a déclaré vainqueur de la présidentielle du 28 novembre avec 48,97 % des voix, devant l’opposant historique de 78 ans, Etienne Tshisekedi, qui recueille 32,33 % des suffrages.

Une victoire sans surprise du président sortant qui depuis le début du scrutin à un tour était donné favori. Son rival Etienne Tshisekedi, chef de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), estime que « les résultats de la CENI ne reflètent pas la réalité des urnes ». Il a même réclamé un comptage par bureau de vote et non par province, comme le faisait la CENI, qui n’a cessé d’annoncer des résultats partiels à l’oral, sans preuve écrite. Les observateurs internationaux ont également constaté que le scrutin était entaché d’irrégularités et mal organisé mais n’ont pas appelé à son annulation.

Désormais le pays retient son souffle. La tension est en effet toujours forte à Kinshasa, sous haute surveillance, où de nouvelles confrontations sont à craindre suite à l’annonce de la victoire du président Kabila. La violence guette également la province du Katanga, fief du chef d’Etat, et celle des Kasaï Occidental et Oriental, région d’origine de son opposant Etienne Tshisekedi.

L’ONG Crisis Group a mis en garde jeudi contre un nouveau basculement du pays dans le « cycle de la violence ». L’organisation a appelé l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne à « envoyer de toute urgence une mission de haut niveau pour entamer une médiation entre factions rivales et trouver une solution alternative à la crise ».

Qui est vraiment Joseph Kabila

Celui que beaucoup de Congolais ne considèrent pas comme un fils du pays naît à Lulenge, dans l’est de la RDC (Sud-Kivu). Mais il passe la majorité de son enfance et de son adolescence en exil en Tanzanie. Joseph Kabila y suit alors une formation militaire et entame des études de droit à la faculté de Kampala en 1996. Elles seront très vite interrompues, en septembre, par la guerre qui oppose son père Laurent-Désiré Kabila à Mobutu, alors président de la RDC. Il devient le conseiller militaire de son géniteur qui le confie à James Kabarebe. L’officier rwandais prendra d’ailleurs la suite de Kabila père à la tête de l’armée, après l’accession de ce dernier au pouvoir en 1997.

A cause du déclenchement de la rébellion militaire le 2 août 1998, Joseph Kabila, en formation militaire en Chine, est obligé de rentrer au pays. Et bientôt, de reprendre les rênes du pouvoir lorsque son père est assassiné le 16 janvier 2001. C’est lui qui signe les accords de paix en 2002 avec le Rwanda et l’Ouganda qui soutiennent les rebelles censés renverser son régime. L’Accord global du 17 décembre 2002 le maintient dans sa fonction de chef d’Etat et il gère la transition politique avec des vice-présidents, dont Jean-Pierre Bemba, issus de la rébellion.

En 2006, il remportera l’élection présidentielle au second tour avec 58,05% des voix contre 41, 95% pour Jean-Pierre Bemba.

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