RDC : échange de tirs près de la Cour suprême de justice

Des tirs ont éclaté, ce mardi, à Kinshasa, près de la Cour suprême. Les heurts auraient opposé la garde du vice-président Jean-Pierre Bemba aux policiers qui cherchaient à disperser 200 manifestants soutenant le candidat malheureux à la présidentielle, dont le recours devait être étudié.

La Cour suprême devait étudier, ce mardi, à Kinshasa, le recours de Jean-Pierre Bemba, candidat malheureux du second tour de la présidentielle face au chef de l’Etat sortant Joseph Kabila. Mais ses travaux ont été interrompus par un incendie et des tirs à proximité de son emplacement. Selon Radio Canada, la police est intervenue pour disperser quelque 200 manifestants venus soutenir le vice-président, qui se dit victime de fraude électorale.

Elle aurait fait usage de gaz lacrymogènes pour qu’ils ne s’approchent pas trop près de la cour suprême. Incommodés, les manifestants se sont dirigés vers la demeure de Jean-Pierre Bemba. C’est alors que les militaires de la garde vice-présidentielle, apparemment mêlés à la foule, auraient tiré des coups de feu vers les policiers. Les échanges auraient en tout duré 45 minutes.

La cour suprême en flammes

Les forces des Nations Unies (Onu) sont dans un premier temps parties avant de revenir et de tirer en l’air pour que les manifestants, qui leur jetaient des pierres, se séparent. La Force européenne (Eufor) aurait participé aux opérations de rétablissement de l’ordre. On ne sait pour le moment s’il y a eu des pertes humaines ou des blessés, mais, sur le plan matériel, on rapporte plusieurs voitures de police brûlées par les pro-Bemba. Une chose est sûre, ces incidents sont les plus graves depuis l’annonce des résultats provisoires du second tour de la présidentielle, qui donnent Joseph Kabila gagnant avec 58% des voix.

Par ailleurs, un incendie a éclaté dans une partie de de la Cour, causant la destruction de documents et de matériel. L’Onu a procédé à l’évacuation de la centaine de personnes qui s’y trouvait, dont des magistrats, avocats et journalistes. Les environs de la Cour ont, selon un témoin interrogé par l’Associated Press, également été évacués.