RDC, Denis Kadima à la tête de la CENI : comment la classe socio-politique réagit

Denis Kadima, président CENI en RDC
Denis Kadima, président CENI en RDC

La désignation par l’Assemblée Nationale de Denis Kadima à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) suscite de nombreuses réactions dans la classe socio-politique en République Démocratique du Congo.  Si une frange de la majorité présidentielle salue cette décision, l’opposition et l’Eglise catholique dénoncent et appellent toutes les parties prenantes à plus de consensus pour la tenue d’élections libres, crédibles et apaisées, en 2023. 

La plénière de ce samedi a été très tendue à l’Assemblée nationale, en République Démocratique du Congo. A la base, par un vote à main levée, l’organe législatif a entériné Denis Kadima à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Pour le député Kabange Numbi, membre de la coalition pro-Kabila, l’entérinement de Denis Kadima entache la suite du processus électoral. « Ça, c’est la pensée unique qui continue. Nous ne pouvons pas comprendre que dans une séance plénière qu’on ait identifié 145 députés et qu’on tienne une séance d’entérinement du bureau de la CENI… Nous invitons le peuple congolais à se prendre en charge, car si c’est dans ce climat que se dérouleront les élections de 2023, nous pouvons y mettre une croix. Nous appelons à un large consensus national », a-t-il déclaré devant la presse.

« Nous voulons des élections apaisées »

De son côté, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) exhorte le Président congolais à prendre ses responsabilités. « C’est la toute première fois que la contestation d’un candidat président de la CENI atteint les proportions du cas de Denis Kadima. Ce sont des signes qui ne trompent pas. Nous voulons des élections apaisées, crédibles et nous sommes convaincus qu’avec Kadima, on ne les obtiendra pas », a déclaré l’Abbé Donatien Nshole à RFI.

Appel au sens de responsabilité

Même son de cloche chez un groupe de 13 parlementaires qui plaide pour un consensus autour du processus de désignation des membres de la Commission électorale. Il appelle « au sens de la responsabilité de tous », en vue de « garantir l’effectivité des élections, dans des conditions de transparence et de crédibilité », lit-on dans un communiqué.

Avant l’entérinement de Dénis Kadima, la coalition Lamuka de l’opposant Martin Fayulu a organisé une marche pour exiger la dépolitisation de la Commission électorale. Même position pour le camp Moise Katumbi, qui, dans un communiqué, dénonce « avec la dernière énergie, le forcing, les pratiques du débauchage et de corruption tendant à imposer au peuple congolais, par la voie d’une CENI de pacotille, un nouveau cafouillage électoral, en 2023, dans le seul but d’établir un pouvoir totalitaire et inique ».