RDC : 500 000 déplacés en direction de Goma

L’ONU tire la sonnette d’alarme, déplorant une crise humanitaire. Pas moins de 500 000 habitants du Nord-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), fuient les combats entre les FARDC et les mutins du M23 en se dirigeant vers Goma, la capitale de la province.

Du 31 juillet au 16 août, le nombre des déplacés du Nord-Kivu passe de 200 000 à 500 000. Il faut dire que les combats entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les mutins du Mouvement du 23 mars (M23) font rage depuis le mois de mai. D’où l’inquiétude de l’ONU qui déplore une crise humanitaire.

« La situation ici est terrible, les gens sont venus ici spontanément. Nous faisons de notre mieux pour répondre à la situation mais des milliers de gens ont été déplacés en une très courte période, tout a été fait politiquement pour que les combats cessent », s’est alarmée Valérie Amos, la Secrétaire générale adjointe des Nations unies qui s’est récemment rendue dans les camps, rapporte Euronews.com.

Si les habitants du Nord-Kivu se dirigent vers Goma, la capitale de la province, c’est parce que la ville est encore épargnée par les affrontements. Cependant, les mutins du M23 prennent eux aussi la même direction. « Les rebelles ne sont plus qu‘à trente kilomètres de Goma », croit savoir le site internet de la chaîne d’information.

C’est pour ces raisons que l’ONU et les ONG tentent en vain de repousser cet exil vers Goma des habitants du Nord-Kivu. Hormis le danger représenté par le conflit en lui-même, l’épidémie du choléra se fait également de plus en plus ressentir.

Les déplacés de juillet

Les combats, entre les FARDC et les mutins du M23, s’étaient déjà intensifiés le week-end du vendredi 27 au dimanche 29 juillet. Les associations avaient déjà dénoncé la crise humanitaire qui se profilait.

Selon la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco), environ 2 000 personnes avaient à l’époque fui ces hostilités, dont une partie se dirigeant vers Goma. A ce bilan, s’ajoutait le déplacement de plus de 200 000 personnes, dont 30 000 qui s’étaient réfugiées au Rwanda et en Ouganda, deux pays frontaliers de la RDC.

Pour résoudre ce conflit qui oppose les mutins du M23 aux FARDC, le Président congolais, Joseph Kabila a proposé, samedi 28 juillet au soir lors d’un discours télévisé, trois pistes : militaire, politique et diplomatique. Il en a appelé à la communauté internationale pour dépêcher une force militaire à la frontière entre la RDC et le Rwanda, accusé de soutenir les ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Mais, le Sommet de Kampala, en Ouganda, organisé mercredi 8 août, a accouché d’une souris. Faute d’accord, la décision d’envoyer une force internationale neutre dans le Nord-Kivu sera prise au plus tôt dans quatre semaines.

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