Ravalomanana président, Ratsiraka aussi

Le drame s’emballe à Madagascar.  » Le président autoproclamé  » Marc Ravalomanana a été proclamé ce lundi président officiel par la Haute Cour institutionnelle avec près de 52% des suffrages exprimés. La veille, le président sortant, l’amiral Didier Ratsiraka, a annoncé qu’il ne reconnaîtrait pas les résultats et exigeait un référendum. Et pour rendre encore plus complexe la situation politique, le gouverneur de la province d’Antsiranana (nord) a menacé de déclarer l’indépendance de sa province. Une situation qui pourrait faire des émules car deux autres gouverneurs, tout acquis à Didier Ratsiraka, menacent d’emboîter le pas à leur homologue d’ Antsiranana.

L’Accord de Dakar, soutiré par le président sénégalais, Abdoulaye Wade, et le Secrétaire général de l’OUA, Amara Essy, a vécu. Les deux parties, essentiellement le camp Ratsiraka, l’ont piétiné dès leur retour de Dakar. Les barrages qui asphyxient économiquement la capitale ne sont toujours pas levés. Dans le camp de Ravalomanana, on ne cache plus l’intention du gouvernement de recourir à la force si cette situation venait à s’éterniser.
16 morts officiellement. Il est clair que la dynamique est du côté de Marc Ravalomanana, l’homme d’affaires le plus riche de Madagascar, qui a su trouver une parade pour légitimer (un peu) son putsch. La Haute Cour lui offre la légitimité et la rue d’Antananarivo un soutien sans faille.

En vieux briscard de la politique, l’amiral, pris au dépourvu, n’a pas dit son dernier mot. Ses adversaires attendent qu’il se retire avec honneur, ses amis qu’il use de la force pour revenir au pouvoir. Mais Didier Ratsiraka a choisi d’aller à son rythme. Il parie sur un revirement de la population, excédée par le blocus économique. Un pari qu’il risque de perdre cette fois-ci. Ou alors ce sera le chaos. Madagascar vit des heures terribles. Le risque de la guerre civile est réel.