Madagascar : premier décès lié au Mpox


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La variole du singe
La variole du singe (illustration)

Madagascar traverse une étape préoccupante dans la gestion de l’épidémie de Mpox. Le ministère de la Santé publique a confirmé le premier décès lié à cette maladie virale depuis l’apparition des premiers cas sur la Grande Île. La victime est une fillette de trois ans, originaire de Toamasina, dans l’Est du pays.

Alerte à Madagascar où le Mpox a fait un mort. Selon les informations officielles, l’enfant a été admise dans un établissement hospitalier de la capitale dans un état déjà critique. Les analyses virologiques ont confirmé l’infection au Mpox, aussi appelé variole du singe. Les autorités sanitaires indiquent que la patiente présentait des signes cliniques caractéristiques. Notamment des éruptions cutanées étendues et une grande faiblesse générale, compatibles avec les formes sévères observées chez certains jeunes enfants ou personnes vulnérables.

Une prise en charge contestée par la famille

La famille de la fillette remet toutefois en question les circonstances entourant la prise en charge médicale. Selon la mère, les premiers symptômes seraient apparus après une blessure à la cheville. L’enfant aurait d’abord été soignée par des praticiens traditionnels avant que son état ne se détériore. Ce n’est qu’ensuite qu’elle aurait été transportée vers un centre hospitalier d’Antananarivo, la capitale malgache.

Le père évoque, pour sa part, des refus successifs d’admission dans certains établissements et un retard dans les soins spécialisés. Les autorités affirment néanmoins que les examens biologiques pratiqués ont formellement identifié le virus du Mpox. Elles écartent toute ambiguïté sur la cause du décès. Les premiers cas confirmés de Mpox à Madagascar ont été détectés à Mahajanga, dans la région Boeny, fin décembre 2025.

Situation épidémiologique à Madagascar

Depuis, le nombre de contaminations a connu une progression constante. Selon le dernier bilan communiqué début mars, le pays recense 457 cas confirmés, dont 321 guérisons. Les autorités sanitaires indiquent que la majorité des patients présentent des formes modérées, avec fièvre, maux de tête et éruptions cutanées. Le gouvernement a renforcé les dispositifs de surveillance épidémiologique, notamment dans les régions côtières et les grands centres urbains.

Des campagnes de sensibilisation ont été lancées pour informer la population sur les modes de transmission, les symptômes et les mesures préventives. Le Mpox se transmet par contact étroit avec une personne infectée, par les lésions cutanées, les fluides corporels ou encore lors de rapports sexuels. La situation à Madagascar s’inscrit dans un contexte continental de flambées régulières de Mpox.

Le Mpox en Afrique : une circulation persistante

En République Démocratique du Congo, considérée comme l’un des foyers historiques du virus, des milliers de cas sont signalés chaque année, avec une circulation active dans plusieurs provinces. Les autorités congolaises ont intensifié la surveillance après l’identification de nouvelles séquences virales. Au Nigeria, le virus circule également de manière endémique depuis plusieurs années.

Des vagues successives ont été observées, notamment dans les grandes agglomérations. Au Cameroun et en Centrafrique, des cas sporadiques continuent d’être détectés, souvent dans des zones rurales proches de forêts où les contacts avec la faune sauvage sont fréquents. D’après l’Organisation mondiale de la santé, le Mpox est causé par un orthopoxvirus apparenté au virus de la variole humaine.

Dépistage précoce et isolement des cas suspects

Historiquement transmis de l’animal à l’homme, notamment via des rongeurs et certains primates, le virus s’est progressivement adapté à la transmission interhumaine. À Madagascar, les autorités insistent sur l’importance du dépistage précoce et de l’isolement des cas suspects. Le ministère de la Santé rappelle que toute apparition de fièvre accompagnée d’éruptions cutanées doit conduire à une consultation médicale rapide.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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