Radicalisation du mouvement des sans-papiers à Bruxelles

Plusieurs milliers de sans-papiers, en majorité des Africains, ont manifesté samedi au centre de Bruxelles pour protester contre la mort le jeudi 1er mai, d’un demandeur d’asile camerounais, qui était détenu au Centre de Merksplas en Belgique.

Les manifestants contestent la thèse du suicide retenue par la justice belge, après une autopsie du corps du défunt, qui n’a pas pris en compte les témoignages du personnel de garde du centre de Merksplas, comme l’exige l’avocat de la victime.

Des bagarres ont éclaté entre les manifestants, dont certains, plus radicaux, voulaient s’attaquer aux immeubles le long du parcours de la marche.

La famille du défunt, qui tenait à une manifestation digne et calme, a écourté la marche, appelant les manifestants à se rassembler devant l’Office des étrangers, où ils ont déposé des fleurs et des photos du Camerounais.

Arrivé en Belgique en 2005, le jeune Camerounais, Ebenizer Folelack Sontsa, a été débouté du droit d’asile et, depuis plusieurs semaines, placé dans un centre fermé.

La Police avait tenté, sans succès, de l’expulser par avion. Ramené au centre de détention, le jeune Camerounais a été retrouvé mort dans les toilettes du centre, alors que la Police lui avait signifié une nouvelle tentative d’expulsion pour le lundi d’après.

La mort du jeune Camerounais a entraîné une radicalisation du mouvement des sans-papiers, qui, depuis, tiennent chaque jour des manifestations avec le soutien de plusieurs associations de défense des droits de l’Homme, des étudiants et de quelques élus belges et européens.

Le gouvernement belge a promis de publier avant le 20 mai, la circulaire permettant la régularisation des sans-papiers qui remplissent les conditions requises. En principe 10.000 sans-papiers sur 100.000 devraient voir leur situation de séjour régularisée en Belgique.

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