Racisme en France : les dérapages du préfet Girot de Langlade

L’affaire n’a pas fini de faire parler d’elle. Le préfet français Paul Girot de Langlade a été suspendu de sa fonction de coordinateur local des Etats généraux de l’Outre-mer, ont indiqué, jeudi, des sources proches du dossier. Une décision qui intervient à la suite d’une plainte déposée contre lui pour « injures à caractère raciste ». Plusieurs associations antiracistes ont demandé à l’Etat de sanctionner le préfet plus sévèrement.

« On se croirait en Afrique », « il n’y a que des noirs ici », aurait déclaré Paul Girot de Langlade, préfet français et coordinateur à la Réunion des Etats Généraux de l’Outre-mer à une employée de l’aéroport d’Orly, d’origine antillaise. Des propos qui ne sont pas passés inaperçus. L’élu a été suspendu de sa fonction à la suite d’une plainte pour « injures à caractère raciste », déposée le 31 juillet et transmise au Parquet de Créteil le 11 août, a-t-on appris, jeudi, de sources proches du dossier.

Les faits se seraient déroulés le jour du dépôt de la plainte de la jeune femme, salariée de la société Securitas. Arrivé à l’aéroport d’Orly, de retour de la Réunion, le préfet aurait peu apprécié le fait que l’employée antillaise ait exigé qu’il vide ses poches après le déclenchement de l’alarme du portique de sécurité. C’est à ce moment-là qu’il aurait proféré des propos à caractère raciste. Des injures reprises en chœur, selon le site réunionnais Zinfos 974, par une personne qui accompagnait M.de Langlade qui se serait exclamée : « De toute façon, il n’y a que des personnes de couleur comme vous qui montent au créneau ».

Jamais deux sans trois ?

Paul Girot de Langlade n’en est pas à sa « première phrase choc ». Déjà, en 2007, l’homme avait brillé par son verbe. Il avait déclaré dans la Nouvelle République à propos des gens du voyage : « Il y (en) a trop. On a été trop laxiste pendant trop longtemps (…) Chacun sait que quand ils arrivent quelque part, il y a de la délinquance ». Relaxé en appel en 2008, cette affaire lui avait valu tout de même son placement hors cadre par le Conseil des ministres.

Trouvant la peine de suspension de sa fonction de coordinateur local des Etats généraux de l’Outre-mer infligée au préfet suite à l’affaire de l’aéroport d’Orly trop légère, plusieurs associations antiracistes françaises ont réclamé que des sanctions exemplaires soient prises.