« Racines Croisées » : le documentaire qui veut changer le regard sur les diasporas africaines


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Diaspora (illustration)
Diaspora (illustration)

Portée par l’entrepreneure franco-comorienne Maroita Hadji et produite par Positive Impact, la série documentaire « Racines Croisées » ambitionne de déconstruire les préjugés qui pèsent sur les relations entre le continent africain et ses diasporas. Son premier épisode, tourné aux Comores, sera projeté en avant-première le 11 avril 2026 en France.

Qui raconte l’Afrique, et comment ? C’est la question que pose Racines Croisées, une série documentaire conçue et financée par Positive Impact Consulting. Le projet part d’un constat partagé par de nombreux acteurs du développement et de la coopération : les récits dominants sur l’Afrique restent trop souvent figés dans des schémas réducteurs, misère, dépendance, exode, qui écrasent la complexité des dynamiques à l’œuvre sur le terrain.

Le principe de la série : chaque épisode s’attaque à un préjugé solidement ancré pour le confronter aux réalités du terrain, aux parcours individuels et aux énergies collectives qui émergent à travers le continent. Ni plaidoyer naïf, ni réquisitoire : Racines Croisées se veut un espace de dialogue, de réflexion et de projection collective.

Les Comores comme point de départ

Le premier épisode a été tourné dans l’archipel des Comores. Il aborde un sujet aussi sensible que caricaturé : la relation entre les diasporas africaines et leurs territoires d’origine. Loin des clichés sur le « retour au pays » ou sur l’émigré déconnecté de ses racines, le film donne la parole à des entrepreneurs, des experts et des acteurs engagés qui expérimentent, coopèrent et tentent de bâtir des ponts concrets entre les communautés installées en Europe et celles restées sur place.

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Le documentaire est aussi le fruit d’une rencontre humaine : celle de Maroita Hadji, entrepreneure engagée entre l’Europe et l’Afrique et fondatrice de Positive Impact Consulting, avec Ridjali Saidi, dit « Abou », jeune autodidacte comorien passionné d’image, qui a assuré la captation et la production technique du film. Deux trajectoires différentes, une conviction commune : on ne choisit pas où l’on naît, mais chacun peut choisir de croire en la possibilité de réussir là où il se trouve.

KomLink, le terreau communautaire du projet

Racines Croisées s’inscrit dans l’écosystème de KomLink, présentée comme la première communauté d’entrepreneurs, d’investisseurs et de talents de la diaspora comorienne. Cofondée il y a plus de cinq ans par Maroita Hadji, qui en assure la vice-présidence, cette structure s’est progressivement imposée comme un laboratoire d’initiatives économiques et sociales, facilitant les rencontres, les coopérations et l’émergence de projets entre diasporas et territoires.

C’est de cette expérience accumulée, de ces liens tissés entre la France et les Comores, qu’est née l’intuition fondatrice du documentaire : les récits ont le pouvoir de diviser, mais aussi de rassembler.

Au-delà du film, un dispositif de dialogue

Le projet ne se limite pas à une série documentaire. Il porte une ambition plus large : un format évolutif appelé à se déployer dans plusieurs pays africains, associé à des projections-débats conçues comme de véritables espaces de co-construction entre acteurs publics, économiques et citoyens.

Maroita Hadji, Fondatrice et CEO Positive Impact
Maroita Hadji, Fondatrice et CEO Positive Impact

Une première expérimentation a déjà eu lieu aux Comores en janvier 2026, réunissant plus d’une centaine d’acteurs institutionnels, économiques et associatifs autour d’un dialogue ouvert sur les relations entre diaspora et territoire. L’avant-première française est programmée le 11 avril 2026, dans une salle de cinéma privatisée de 250 places, en présence de partenaires, de représentants institutionnels et de membres de la diaspora.

« Changer le récit pour écrire l’avenir » : la devise de Racines Croisées résonne comme un programme. Dans un paysage médiatique où l’Afrique reste trop souvent réduite à ses crises, cette initiative porte l’espoir d’un autre regard

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