Rachida Dati en disgrâce auprès de Nicolas Sarkozy?

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Des rumeurs ont circulé sur Internet, faisant état d’une grave mésentente au sein du couple présidentiel français. Soupçonnée de les avoir propagées, Rachida Dati nie en bloc. Mais ses signes d’apaisement en direction de l’Élysée ne rencontrent aucun écho.

« Bouleversée !», c’est le terme employé mardi par Me Kiejman, l’avocat de Rachida Dati sur RTL, pour décrire l’état d’esprit de l’ancienne ministre de la Justice, accusée d’avoir propagé des rumeurs malveillantes sur le couple présidentiel français. Il est « impensable que Madame Dati ait pu participer à une entreprise de déstabilisation d’un Président auquel elle sait qu’elle doit beaucoup, voire tout, et auquel elle reste très attachée », a expliqué l’avocat.

C’est la deuxième fois en trois jours, que Rachida Dati se défend publiquement d’avoir essayé de nuire aux Sarkozy. Elle l’avait déjà fait, dans un communiqué publié dimanche. « Rachida Dati, ancien Garde des Seaux, proteste avec indignation contre les allégations de certains organes de presse lui prêtant une quelconque responsabilité dans des rumeurs absurdes et inadmissibles sur la vie privée du couple présidentiel », avait-elle écrit, ajoutant qu’elle se réservait le droit d’agir en diffamation contre « ceux qui reprendraient cette allégation dénuée de tout fondement ».

Des rumeurs malveillantes sur la vie privée des Sarkozy sont publiées sur Internet

De fait, les difficultés de l’ancienne ministre vis-à-vis de son ancien mentor éclatent au grand jour le 31 mars, lorsque l’hebdomadaire satiriqueLe Canard enchaînérévèle que c’est sur un coup de colère que Nicolas Sarkozy a ordonné, deux semaines plus tôt, que le véhicule de fonction, une Peugéot 607, et les quatre gardes du corps que l’ex-ministre avait hérité de son passage au ministère de la justice lui soient retirés. Le président aurait peu apprécié le 14 mars, au soir du premier tour des élections régionales françaises, que Rachida Dati critique son parti, l’Union pour un mouvement populaire (UMP), en suggérant de revenir à ses fondamentaux. Dans le même article, le Canard enchaîné ajoute que Nicolas Sarkozy soupçonnerait son ancienne protégée d’être derrière les rumeurs qui circulent sur sa vie privée.

Ces rumeurs ont fait leur apparition dès le 9 mars, dans un article signé d’un pseudonyme et publié sur un blog hébergé par le site Internet du Journal de Dimanche(JDD.fr). Elles font état de problème d’infidélité impliquant les deux conjoints Sarkozy. Quelques journaux français et anglais les reprennent. Placé au centre du scandale, le JDD décide de saisir la justice pour « introduction frauduleuse de données dans un système informatique ». Dans la foulée deux salariés, dont le Directeur des opérations de Newsweek, filière de Lagardère qui gère le site du JDD sont poussés à la démission.

Comme le Canard enchaîné, le JDD évoque la piste Rachida Dati. Ce week-end en effet, le journal a repris l’hypothèse de l’hebdomadaire satirique, soupçonnant l’ancienne ministre d’avoir instigué la rumeur. « Selon nos informations, une enquête des services de renseignement français, remise au chef de l’État durant le week-end précédant le premier tour des régionales ciblerait notamment Rachida Dati dans la diffusion d’informations jugées malveillantes à l’Élysée », lit-on dans le journal.

Sarkozy victime d’une tentative de déstabilisation?

Pour l’Élysée, Nicolas Sarkozy serait victime d’une tentative de déstabilisation. L’enquête en cours a pour but de savoir « si ceux qui ont fait paraître ces rumeurs sur ces blogs l’ont fait pour eux-mêmes ou l’ont fait, étant instrumentalisés soit par des officines soit des particuliers qui souhaiteraient déstabiliser la vie du couple Sarkozy (…) Le simple fait que deux rumeurs croisées soient publiées dans le même temps, une concernant madame Carla Bruni et l’autre concernant le président de la République, ce croisement et cette simultanéité permettent de penser que ce n’est certainement pas neutre et que quelqu’un est derrière la propagation de ces rumeurs», a commenté l’avocat du président français, Me Herzog, cité ce mardi par le quotidien Le Parisien

Pour le JDD, Rachida Dati serait tombée en disgrâce auprès de l’Élysée. Elle aurait ainsi tenté plusieurs fois, depuis le 14 mars, de joindre Nicolas Sarkozy par téléphone. En vain. La députée européenne lui aurait également écrit une longue lettre réaffirmant sa loyauté et sa fidélité, sans obtenir le moindre signe de sa part.

Ce mardi, Malek Boutih, membre du bureau national du Parti socialiste (PS) lui a fait part de sa compassion. « J’apporte mon soutien moral à Rachida Dati. Je trouve qu’il y a un drôle de climat. Rachida Dati ne laisse pas indifférent, en bien ou en mal. Elle a connu les feux de la rampe, maintenant il y a la meute après elle », a-t-il déploré, estimant qu’il faut faire «attention à ne pas la lyncher. Elle est l’image d’une génération qui prend pied dans la politique. Elle est la première de sa génération à avoir eu un ministère régalien ».