Rachida Dati au pain sec et à l’eau

Le Canard Enchaîné a révélé mercredi que Rachida Dati, l’ancienne ministre de la justice française, avait été privée de la Peugeot 607 et de l’escorte de 3 policiers qui étaient restés à sa disposition après son départ du gouvernement en juillet 2009.

Expéditif. Rachida Dati aurait été privée de certains privilèges ministériels qu’elle possédait encore, a rapporté mercredi le journal satirique français le Canard Enchaîné. En effet, l’actuelle eurodéputée se serait vu confisquer à la mi-mars la Peugeot 607, l’escorte de 3 policiers ainsi que le téléphone portable mis à disposition lors de son mandat ministériel.

La raison d’un tel refroidissement des rapports entre le président et l’eurodéputée ? Les propos qu’elle aurait tenu sur France 2, le soir du premier tour des élections régionales le 14mars 2010, face à l’échec tonitruant de la droite.


« Mais qu’est-ce qu’elle fait là celle-là ? »

Le journal satirique explique qu’alors que les membres de la majorité tentaient de relativiser les mauvais résultats du second tour, elle a déclaré que les électeurs de droite avaient eu « le sentiment d’être abandonnés » et que la majorité devait « reprendre ses fondamentaux ». Le président français Nicolas Sarkozy se serait alors exclamé : « Mais qu’est-ce qu’elle fait là celle-là ? On ne l’a pas vue pendant la campagne, et la voilà devant les caméras ! ». C’est le soir même, à sa sortie des studios de télévision, que Rachida Dati aurait appris la nouvelle. Elle aurait même manqué de rentrer à pieds nous précise le journal, mais elle a pu garder la voiture de fonction jusqu’au lendemain.

Selon le quotidien Libération, les représailles ne seraient pas venues de Nicolas Sarkozy, mais du ministre de l’intérieur Brice Hortefeux. Le journal précise également que le ministre se serait excusé auprès de l’ancienne garde des sceaux qui lui aurait raccroché au nez.

Rachida Dati avait été nommée garde des sceaux par Nicolas Sarkozy à son arrivée à la présidence en mai 2007. Elle a quitté la fonction en juillet 2009, après avoir été élue députée européenne. Malgré ce que d’aucuns ont considéré comme sa récente « disgrâce », Rachida Dati ne rentrera cependant pas à pieds dans les mois prochains. Grâce à son statut de maire du VIIe arrondissement de Paris, elle bénéficie toujours d’une deuxième voiture de fonction. La droite française a souffert pendant les élections régionales, Rachida Dati ne pourra qu’être d’accord sur ce point.