Rabat : mutation capitale

La capitale du Royaume du Maroc est aujourd’hui le théâtre de plusieurs grandes opérations d’urbanisme qui vont changer son visage et la projeter dans le XXIème siècle.

Vous étiez attaché au charme du Bou Regreg, cette large vallée coulant sous les remparts de la Casbah des Oudaias, où les barques des pêcheurs viennent s’échouer à marée basse, protégées par les fortes digues de l’embouchure… Plus loin, au pied du Chellah, forteresse médiévale fondée sur l’antique cité romaine, les champs de bambous de joncs et de papyrus font une coulée verte froncée jusqu’au fil bleu du fleuve. Lieu d’intense poésie, comme une grande respiration nostalgique et tendre, lorsque le soleil se couche au large sur l’océan, baignant la scène immémoriale d’une chaude fraîcheur vespérale.

Il faut imaginer la scène toute différente désormais : engins de chantier, escavateurs, grues, camions de remblais, bétonneuses, chargements de pierres taillées, une activité cyclopéenne s’est emparée du site, embué jour et nuit d’un large nuage de poussière. Un immense projet urbain a commencé à donner un visage nouveau aux rives du Bou Regreg : Rabah s’étend, dans la direction de Salé, en gagnant sur la large vallée du fleuve de nouveaux quartiers et de nouveaux équipements.

Des investissements venus des Emirats

Ce sont des capitaux émiratis qui s’investissent dans cette opération de grande envergure qui va doter la capitale du royaume alaouite d’un nouveau quartier, moderne, aéré, bien desservi, bien conçu, ouvert à la fois sur la ville et sur le fleuve. Les urbanistes qui ont conçu le programme et qui l’appliquent aujourd’hui affirment leur volonté de rester fidèles à la mémoire du lieu, et de ne pas sacrifier le caractère architectural des quelques monuments historiques qu’il a conservés.

Un nouvel urbanisme

De même, ils affirment leur volonté d’être exemplaires en matière d’écologie, concevant un quartier respectueux de l’environnement, qui sera relié au reste de la ville par des transports en commun innovants, des circulations non polluantes, et qui, par la même occasion, assainira l’embouchure du Bou Regreg en faisant disparaître les quelques égouts urbains de Rabah et de Salé qui finissaient encore leur course dans le cours du fleuve…

Rabah change de face, et entre délibérément dans le XXIème siècle, aménageant sa croissance urbaine dans le respect des impératifs du développement durable ! La capitale du Maroc veut décidément rester la ville la mieux aménagée et la plus séduisante du pays…