Quotas de femmes au Niger

L’assemblée nationale nigérienne vient de voter un projet de loi en faveur des quotas minimum de 25 % de femmes élues et dans la haute administration.

Une loi instaurant des quotas de 25% minimum de femmes élues au terme des scrutins et dans la haute administration a été votée au Niger, le 11 mai dernier, par l’Assemblée nationale. Ce système de quotas s’appliquera également lors de la désignation des membres du gouvernement et aux promotions de carrières.

Ce vote fait suite à un long mouvement des associations des femmes nigériennes pour corriger les inégalités de traitement entre hommes et femmes – qui, dans ce pays de 10 millions d’habitant coincé entre Algérie et Nigeria, atteint des sommets.

Si les femmes représentent 51% de la population, leur taux d’analphabétisme frôle les 92%. Presque 48% d’entre elles sont mariées avant l’âge de 15 ans. L’âge moyen de la première maternité s’établit à 14 ans.

Une situation d’autant plus mal vécue par les intéressées qu’elles occupent bien souvent des fonctions sociales de première importance, dans le cadre de l’entretien de la famille.

51 % de femmes, 92 % d’analphabètes

Elles sont en première ligne dans toute la chaîne des activités agricoles qui permettent aux familles et au pays tout entier de s’alimenter.

Le 13 mai 1991, des associations de femmes lançaient pour la première fois une grande marche pour l’égalité des droits et contre leur quasi-absence des organes de décision. Ce jour anniversaire est donc fêté chaque année comme il se doit par un cortège des  » associations de femmes démocratiques « , pour user de l’expression Elhadji Khollo Saloum, dans le Républicain du Niger de cette semaine. Elles sont en effet concurrencées par leurs homologues fondamentalistes, qui, elles, poursuivent des desseins diamétralement opposés : combattre la Convention sur l’élimination de toutes formes d’inégalité à l’égard des femmes (CEDEF) que le pouvoir nigérien, imitant la plupart des nations du globe, a ratifié.

Nul ne doute que l’adoption de ce projet de loi vient à point nommé, alors que les deux mille femmes de la marche de Niamey ont remis un cahier de doléance demandant, outre l’abrogation du code de la famille… un meilleur accès aux sphères dirigeantes.