Quid du E-gouvernement …. en Afrique

E-gouvernement, ce terme à la mode depuis l’avènement des nouvelles technologies de la communication et de l’information (NTIC) semble très prisé par les pays africains. A quoi renvoie-t-il ? Quels sont les principaux enjeux de cette nouvelle forme de gouvernance ? Voici quelques pistes de réflexion.

De l’Angola à l’Ile Maurice en passant par le Maroc, la plupart des pays africains n’ont plus qu’un mot à la bouche : e-gouvernement. Que signifie ce néologisme qui, avec l’importance croissante des nouvelles technologies de la communication et de l’information (NTIC), est plus que jamais d’actualité ? Quelles opportunités représente-il pour les Etats africains ? Avant tout, une petite définition. L’e-Gouvernement est l’adoption des NTIC par les collectivités publiques dans leurs rapports avec les administrés, collaborateurs et partenaires du service public.

Ce concept se décline en deux volets : l’e-administration et l’e-démocratie. L’e-administration sert à assurer la marche régulière des services publics en interne et en faveur des usagers. L’e-démocratie correspond à l’institution d’un dispositif destiné à permettre au citoyen de participer à l’élaboration et à la détermination des lois au moyen des NTIC. Les projets de vote en ligne s’inscrivent dans cette deuxième catégorie. Dans les pays africains, des initiatives pour la mise en oeuvre des e-gouvernements restent dans leur ensemble au stade de projets. L’Angola, récemment pacifiée, souhaite sa mise en place. L’Afrique du Sud y travaille depuis près de trois ans déjà. Les autorités sud-africaines souhaitent même développer une carte d’identité à puce pour aider les analphabètes qui pourront utiliser leur empreinte digitale pour se faire reconnaître.

Innovant mais nécessaire ?

Pour ou contre le e-gouvernement ? L’un des plus gros arguments pour est l’instauration d’une  » bonne gouvernance  » dans les pays africains à travers des administrations plus transparentes. Opportunité qu’offre l’avènement de l’économie digitale. Cependant, bien que l’initiative soit louable, on pourrait se demander si ce n’est pas vite aller en besogne quand on considère le faible équipement des ménages en matériel informatique. Surtout si l’on s’en réfère à une étude publiée en 2002, par Tns Sofres, qui montre que seulement 30% des personnes adultes dans le monde se sont connectées déjà à un site administratif. Au Maroc, par exemple, un article publié sur Menara affirmait que le e-gouvernement n’était pas prêt d’être effectif dans le royaume chérifien bien que des dispositions aient été prises dans ce sens. Motif : la faiblesse du réseau Internet.

Notons néanmoins que la simple présence de sites de gouvernements est déjà une démarche vers l’instauration d’un e-gouvernement. D’autant plus que la réalisation de ces sites a constitué l’une des premières initiatives du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) dans le sens de la promotion des NTIC dans les pays du Sud. L’argument des ménages peu équipés est contrecarré par l’expérience mauricienne. Maurice, la cyber île, compte en effet installer des bornes dans les services postaux afin que les citoyens puissent disposer d’un ordinateur pour profiter des services publics en ligne. Que dire de plus ? Sinon espérer que ces bonnes paroles ne restent pas virtuelles.