Qui aime bien châtie bien

Là où une bonne dizaine de coups auraient largement suffi, une sentence de 180 coups de fouet pour des relations sexuelles avant le mariage a de quoi paraître, ma foi, quelque peu excessive. Mais les joies de l’amour ont un prix : celui du sang. Et la petite nigériane de 17 ans payera cher son voyage initiatique à la découverte de la sexualité.

L’audace des nouvelles méthodes de contraception au Nigeria peut laisser pantois. Car sauf à être une dangereuse masochiste à la perversion sans limites, la perspective du fouet, contre quelques instants de bonheur, n’a, pour la femme, il est vrai, rien de réjouissant.

C’est qu’on ne badine pas avec la loi. L’immuable charia’ est là pour veiller au grain. Dieu est amour, mais il ne faut quand même pas pousser. Et quitte à fouetter quelqu’un, pourquoi ne pas aussi fouetter l’homme ? Car, jusqu’à preuve du contraire, il faut être deux (au minimum, rajouteront les libertins) pour savourer les plaisirs de la chair. Et bizarrement, la sentence est ici exclusivement féminine.

Mais qu’on se rassure, la gent masculine n’est pas en reste. Et ces deux autres nigérians, récemment épinglés par la loi, ne tarderons pas à découvrir que la morsure du fouet enivre plus sûrement que l’alcool.

La charia’, gardienne de la vertu, dans un des pays les plus corrompus de la planète, peut faire sourire. Un sourire de dépit, pour le moins réprobateur et tout au plus désabusé. Pour ma part, c’est la consternation. Celle de constater les faux semblants de lois à l’impartialité tout à fait relatives.