Quatuor africain au New York Fashion Week

Essai 1

Pour la deuxième année consécutive, l’Afrique a été représentée lors de la prestigieuse Mercedes Benz Fashion Week à New York. Quatre stylistes africains ont été les ambassadeurs de la mode africaine de demain. Parmi eux, les deux lauréats du concours Arise Africa : le styliste Sud-Africain David Tlale et la marque nigériane Tiffany Amber. Aux designers de l’année 2009 se sont ajoutés le malgache Eric Raisina et la Nigériane Jewel by Lisa.

L’Afrique était à l’honneur lors du défilé de mode ‘Arise Africa Collective Show’ le vendredi 11 septembre 2009 à New-York. Depuis l’année dernière, des stylistes africains présentent leurs collections à la semaine de la mode new-yorkaise, la plus grande semaine de la mode sur le continent américain et l’une des plus importantes au monde, après celles de Paris et Milan. ‘Arise Africa’

(Relève-toi Afrique) est un projet dont l’objectif est de participer à la renaissance du continent à travers les arts, avec la mode comme vecteur de développement.

‘Arise Africa’ est né de la rencontre de Dr Precious Moloi-Motsepe,la présidente de l’African Fashion International (AFI), qui organise de la semaine de la mode de Johannesburg, et de Nduka Obaigbena, le président et rédacteur en chef du Magazine Arise qui est le premier magazine africain haut de gamme articulé autour de la mode, du style, de la culture, des affaires et de la politique. A eux deux, ils ont voulu rendre la mode africaine, qui en a inspiré beaucoup, et ses acteurs plus visibles sur le plan international et dans les grandes rencontres. Depuis, la semaine de la mode de Johannesburg a été renommée ‘Arise Africa’, du nom du concours annuel qui récompense les meilleurs designers, mannequins et autres métiers de la mode. Les meilleurs stylistes africains défilent alors à Paris et à York.

Cette année, quatre stylistes africains ont pu ainsi présenter leurs collections printemps-été 2010 devant un salle bondée, sous les yeux de la presse internationale, avec les meilleurs mannequins noirs défilant pour eux (Chanel Iman, Tyson Beckford, Oluchi). Chacun d’eux a pu présenter une collection de 12 modèles.

Jewel by Lisa, qui veut dire Bijou par Lisa, a donné le ton de la soirée. Sa collection pleine de motifs en pagnes vibrants, de détails en perles fait main, de paillettes, de cristaux Swarovski et de franges était sublime et lumineuse. La ligne, qui a été créée par Lisa Folawiyo en 2005, a fait irruption sur la scène de la mode nigériane et est rapidement devenue une sensation mondiale. La marque mélange le pagne Wax, à d’autres tissus avec grand succès pour créer un style qu’elle appelle « International chic » pour la femme citadine, confidente, chic et élégante.

Pour sa deuxième apparition à la semaine de la mode new-yorkaise, Tiffany Amber a présenté une collection inspirée par les kaléidoscopes de l’artiste nigérian Kolade Oshinowo. Le défilé a été une démonstration festive de soie flottante, avec des formes ondulantes animées par la brise d’une journée estivale. Derrière ce label, Folake Folarin-Coker, qui s’est établie sur la scène de la mode nigériane en 1998 après des études en Europe. Elle est reconnue comme une leader de style et d’élégance à la fois dans son pays et à l’étranger.

Le flair créatif d’Eric Raisina est enraciné dans sa terre natale, Madagascar, et est imprégné par les influences de l’Europe et de l’Asie. Basé au Cambodge depuis la fin des années 90, il a été séduit par les similarités culturelles avec son pays natal. Raisina a une parfaite maîtrise des techniques de tissage de la soie du Cambodge et de la teinture, ce qui a contribué à apporter un style très haute couture à sa conception. Cet ancien diplômé de l’Institut français de la mode a su bien marier aussi bien la soie cambodgienne que le raphia malgache à d’autres matériaux luxueux pour faire une collection féerique. Les femmes sont drapées dans des couches de soie aux teintes de coucher du soleil avec des franges et des plis. Résultat : une silhouette très sensuelle.

Le styliste sud-africain David Tlale s’est inspiré, lui, pour cette collection des tribus Ndébélé d’Afrique du Sud et des tribus nomades San d’Afrique australe. En fusionnant ces deux cultures à l’esthétique très différente, il a réussi a créer de la cohésion dans la diversité du patrimoine africain. Ses modèles sont très élaborés et spectaculaires, bien que certains aient déplorés le manque de parures et l’utilisation d’accessoires traditionnellement associes à l’identité artistique de ces tribus. Pourtant, son interprétation moderne est plutôt rafraîchissante. Après tout, ces stylistes sont le futur de la mode africaine : ils se doivent par conséquent d’innover.