Quatre kamikazes trouvent la mort au Maroc

Quatre terroristes présumés sont morts, mardi, au cours d’une opération menée à Casablanca par les forces de l’ordre. Ils étaient recherchés dans le cadre de l’enquête sur l’attentat commis le 11 mars dans un cybercafé de la ville. Un policier a été tué par la bombe que portait l’un des kamikazes.

Les habitants du quartier populaire El Fida, à Casablanca, ont été réveillés tôt ce mardi matin par les opérations menées par les forces de l’ordre marocaines contre des terroristes présumés. L’un d’entre-eux a été tué par la police et un deuxième s’est fait exploser, selon la police, au moment de son interpellation.

« Deux terroristes, qui détenaient des explosifs, ont trouvé la mort lors d’une course-poursuite avec des membres des services de sécurité marocains mardi à l’aube dans le quartier El Fida à Casablanca », a annoncé officiellement la police, mardi matin. Elle a ajouté que « l’un d’eux a été touché par balles avant de succomber à ses blessures alors que l’autre s’est fait exploser au moment où des éléments des services de sécurité étaient sur le point de procéder à son arrestation. »

Toutefois, des habitants du quartiers ont fait, mardi matin, des déclarations divergentes à l’agence de presse Reuters. Selon eux, il y avait un troisième terroriste qui avait réussi à échapper aux forces de l’ordre. Il se serait réfugié sur une terrasse ou sur un toit et, pour l’appréhender, le quartier aurait été bouclé et vidé de ses habitants. « Tous les habitants du secteur ont été évacués, les autorités redoutant que le kamikaze présumé ne se fasse exploser sur le toit », a déclaré l’un des habitants d’El Fida.

Ce troisième terroriste, qui existait bel et bien, a fini par être cerné, a-t-on appris dans le courant de l’après-midi. Mais il a réussi à actionner sa ceinture d’explosifs et à se donner la mort dans une rue. Selon l’AFP, Un inspecteur de police a été tué lors de l’explosion. « L’inspecteur de police, Mohamed Zindiba, grièvement blessé mardi après-midi, lorsqu’un terroriste s’est fait exploser dans le quartier el-Fida à Casablanca, a succombé à ses blessures lors de son transfert à l’hôpital », a annoncé la police. Un autre policier et un enfant ont également été blessés par la déflagration. Et plus tard, dans la nuit, un quatrième kamikaze présumé s’est fait exploser dans la capitale économique marocaine.

La version des témoins diverge de celle de la police

D’autre part, concernant les faits qui se sont déroulés dans la matinée, un témoin a indiqué à Reuters que celui des terroriste qui a sauté le premier n’a pas volontairement activé les explosifs : « la police a ouvert le feu sur le trio qui prenait la fuite. J’ai vu l’un des trois hommes atteints se transformer en une boule de feu. C’est comme s’il avait explosé en s’enfuyant. Il semble que la balle a provoqué la mise à feu de la ceinture d’explosifs qu’il portait », a-t-il déclaré. La police n’a pas confirmé cette version des faits et n’a reconnu la présence du troisième kamikaze que plus tard dans la journée.

Selon des enquêteurs, il s’agirait d’Ayoub Raydi, le frère d’Abdelfettah. Le 11 mars, ce dernier avait trouvé la mort dans un cybercafé à Casablanca, en manipulant des engins qu’il transportait. L’explosion avait blessé son complice présumé, Youssef Khoudri et trois clients du café internet. Selon la police, l’homme qui a été abattu ce matin est Mohamed Mentala, alias Warda. Il était recherché dans les attentats qui avaient endeuillé Casablanca en 2003.

Les hommes interpellés aujourd’hui « étaient activement recherchés par la police dans le cadre de l’enquête sur cet attentat du 11 mars. De hauts responsables des forces de sécurité avaient révélé le même mois que des terroristes projetaient de commettre des attentats contre des navires étrangers dans le port de Casablanca, contre la police, et de s’attaquer à des sites touristiques du pays, à Marrakech et Agadir notamment. Une quarantaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête visant à déjouer ce complot.

Depuis les attentats suicides de Casablanca, en 2003, qui ont fait 32 morts en plus des 13 kamikazes, le royaume chérifien est sur le qui-vive. Il mène une politique active pour mettre hors d’état de nuire les terroristes qui sévissent sur son territoire.

Mise à jour, mardi 10 avril, 21h30

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