Quatre ans après la mort de Kadhafi, la Libye toujours dans l’impasse

Cela fait maintenant quatre ans que Mouammar Kadhafi, l’ancien leader libyen, a été tué, le jeudi 20 octobre 2011, dans des circonstances encore troubles suite à l’intervention des troupes de l’OTAN pour mettre un terme à son régime. Aujourd’hui encore, le pays peine à retrouver ses marques et vit toujours dans l’impasse.

On s’en souvient encore comme si c’était hier. Cela fait pourtant déjà quatre ans que l’ancien dirigeant libyen Mouahammar Kadhafi a été tué à Syrte, sa ville natale, précisément le jeudi 20 octobre 2011, suite à l’intervention des troupes de l’OTAN, qui voulaient mettre fin à son régime. Aujourd’hui encore, les circonstances troubles de sa mort suscitent toujours beaucoup de questions et n’ont pas encore été élucidées. Une guerre, dont l’artisan est l’ancien Président français Nicolas Sarkozy. De nombreux observateurs pointent du doigt la responsabilité de l’OTAN dans le décès de l’ancien leader libyen.

Où en est la Libye quatre ans après la mort de Mouammar Kadhafi ? Ce n’est un secret pour personne, le pays est toujours plongé dans le chaos. Des villes comme Benghazi, située dans l’est, sont régulièrement en proie à des attentats meurtriers. ce pays d’Afrique du Nord est livré à de multiples groupes armés qui s’affrontent régulièrement pour le contrôle des points stratégiques. La Libye doit aussi faire face à la montée du terrorisme. L’organisation de l’Etat islamique y a installé des positions, profitant de l’absence de l’Etat dans le pays. La décapitation de 21 Egyptiens coptes qu’elle avait revendiqué avait révélé au monde entier sa présence sur le sol libyen.

Hormis les problèmes sécuritaires qui sont de mise dans le pays depuis la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye doit aussi faire face à un très grave imbroglio politique qui n’est pas prêt de se résoudre. Le pays est en effet toujours doté de deux gouvernements. Il y a le gouvernement de Tobrouk, reconnu par la communauté internationale, qui a dû fuir la capitale Tripoli après que la coalition Fajr Libye (Aube de la Libye) se soit emparée de la capitale libyenne, en août 2014. Fajr Libya a aussi à son tour formé son gouvernement ,mais non reconnu à l’international.

Les responsables des deux gouvernements ont tenté, à plusieurs reprises, de trouver un accord sous l’égide de l’ONU, mais en vain. Pas plus tard que lundi soir, le Parlement de Tobrouk, reconnu par la communauté internationale, a rejeté le projet de création d’un gouvernement d’union nationale proposé par l’ONU pour mettre fin à la crise, rapporte le quotidien algérien El Watan. Pour ses membres, le plan de l’ONU « ne respecte pas l’accord paraphé dans le quatrième projet » de sortie de crise en Libye. De son côté, le Parlement de Tripoli non reconnu par la communauté internationale avait déjà refusé, il y a deux semaines, de soutenir le plan de paix proposé par l’ONU.

Résultat, la situation politique est toujours dans l’impasse. Lors du sommet sécurité Afrique organisé par l’Elysée à Dakar, le chef d’Etat tchadien Idriss Deby avait évoqué la situation chaotique libyenne qui n’a pas « bénéficié d’un service après-vente ». Une façon de dire, qu’après l’intervention de l’OTAN, le pays a été livré à lui-même et n’a pas reçu d’appui à l’international. Idriss Déby comme son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi estiment qu’il faudrait un appui de la communauté internationale pour rétablir l’ordre en Libye. D’autant que le Président al-Sissi craint que le chaos libyen ne rampe jusqu’au sol égyptien. Même crainte pour la Tunisie.

Le chaos libyen a aussi des répercussions directes sur l’afflux de migrants sur les côtes européennes. Il s’agit en effet de l’une des crises migratoires les plus graves que l’Europe n’ait jamais connue. Des milliers de migrants, surtout originaires d’Afrique subsaharienne, passent par la Libye, devenue une véritable passoire, pour se rendre en Europe. Sous le règne de Mouammar Kadhafi, qui avait signé des accords avec l’Italie pour réguler le nombre de migrants qui tentaient la traversée, ils étaient beaucoup nombreux à pouvoir passer par la Libye.