Quand les dirigeants de l’Union africaine décident de devenir intouchables !

Désormais, la Cour africaine de justice et des droits de l’Homme ne pourra plus poursuivre les chefs d’Etats africains et les membres de leur gouvernement. En effet, les dirigeants des pays membres de l’Union africaine (UA) se sont octroyé l’immunité, lors du dernier sommet à Malabo (Guinée équatoriale).

Grâce à l’article 46 bis, les chefs d’Etats en exercice sont désormais intouchables, ce texte leur confère l’immunité, y compris pour des chefs d’inculpations de génocide, de crimes de guerre, et de crimes contre l’humanité. Les hauts représentants de l’Etat bénéficient, eux aussi, de cette immunité. D’ailleurs, ce terme de « haut représentant de l’Etat », assez vague, laisse supposer que plusieurs responsables africains pourraient jouir de cette immunité.

Cependant aucun texte ne parle des relations qu’entretiendra la Cour africaine de justice et des droits de l’Homme, avec la Cour pénale internationale (CPI), rapport RFI. On ne sait donc pas si, avec ce nouveau statut, les dirigeants africains pourront échapper à la CPI. Surtout que ces dernières années, les chefs d’Etat africains ont été très critiques avec la CPI qui, jusqu’à présent, n’a condamné que des Africains.

Les organisations de défense des droits de l’Homme, elles, condamnent cette immunité et parlent d’un immense pas en arrière. Néanmoins, ces nouveaux statuts doivent d’abord être finalisés et ratifiés dans leur globalité, par au moins quinze Etats membres de l’UA. Reste à savoir si la CPI va regarder ces dirigeants africains, massacrer leurs peuples et piller impunément leurs pays, au point d’avoir de quoi financer les campagnes électorales de leurs homologues européens. Une question se pose dès lors : les dirigeants africains sont-ils diligents au point de pouvoir décider eux-mêmes de leur sort ?