Quand le Qatar est contraint de soutenir l’Egypte d’al-Sissi

Au départ réticent, le Qatar s’est finalement rangé dérrière la plupart des pays arabes en décidant de soutenir la politique du Président al-Sissi en Egypte. Un changement de cap, qui a été officialisé mardi à Doha, au sommet des six pays du Golfe.

Le Qatar s’incline à son tour face à la politique du Président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Après moult tergiversations, le pays s’est à son tour rangé derrière les autres monarchies du Golfe pour soutenir le Président égyptien, alors qu’il avait fait de son appui aux Frères musulmans l’axe-central de sa stratégie.

Ce changement de cap du Qatar vis-à-vis de l’Egypte a été officialisé, mardi à Doha, au sommet des six pays du Golfe qui s’est conclu par l’annonce d’un « plein soutien à l’Egypte pour assurer sa stabilité et sa prospérité ». Une décision qui ne fait pas l’unanimité auprès de nombreux experts, estimant que le Qatar et son émir cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani ne devraient pas couper les ponts avec les Frères musulmans, qui représentent un large courant dans le monde arabe.
Toutefois, Doha, conscient de la part prépondérante des Frères musulmans dans le monde arabe, est résolu à limiter l’impact de cet appui afin qu’il ne porte pas tort à ses nombreux intérêts politiques et économiques et à ses grandes ambitions sportives.

Le sommet annuel du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui comprend la participation de l’Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Koweït, Oman, Qatar, a été considéré comme un succès, car il permet de clore une crise régionale de neuf mois. Dans la déclaration finale, ses dirigeants ont exprimé leur « appui au programme politique du Président Abdel Fattah al-Sissi », et dénoncé « les milices qui contrôlent la scène » en Libye, où règne le chaos depuis la chute du défunt leader, Mouammar Kadhafi.

Le Qatar est particulièrement pointé du doigt car il est accusé de soutenir en Libye des milices islamistes, liés aux Frères musulmans, alors que les Emirats Arabes Unis auraient lancé, en août, des raids contre des positions d’islamistes dans le pays.