Quand l’Algérie refuse d’enterrer un certain passé

Le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune

En réclamant des excuses de la France, l’Algérie a clairement défini sa position de ne pas être prête à enterrer le passé, plutôt colonial. Car, comme tout pays, l’Algérie a effacé une bonne partie de son passé.

Les relations entre la France et l’Algérie sont volatiles. Très volatiles mêmes. Il suffit de peu pour que soient remis au goût du jour la question mémorielle et la France est de fait accusée de ne faire pas assez pour solder son passé… colonial. Malgré les efforts fournis par des personnes pas du tout concernées par cette colonisation, on demande encore des efforts.

Il est certes vrai que la France a colonisé l’Algérie, avec tout son lot de désastres, voire de catastrophes. Et le plus important, ce sont les vies emportées. Des personnes tuées lors de cette phase atroce de la colonisation, pilotée cependant par d’autres Français. il y a eu un désastre au Sénégal. Pays d’Afrique de l’ouest aussi colonisé par la France. des vies ont aussi été emportées, même si c’est de loin différent du désastre d’Algérie, des soldats sénégalais ayant aidé la France ont été trahi et fusillé.

Thiaroye 44, c’est une histoire de soldats sénégalais abattus alors qu’ils réclamaient des droits. Aujourd’hui, le Sénégal l’a intégré dans son histoire, mais ne reproche rien à la France d’aujourd’hui. Au contraire, le Sénégal voit en la France un partenaire, sur qui il peut compter et sur qui la France peut compter. Les deux pays entretiennent d’excellentes relations. Quand on dit passé, on doit parler de passé. Et la réconciliation ne devrait pas être un mot vain. La France d’aujourd’hui a appris des erreurs du passé et fait ce qu’elle peut faire.

L’évolution existe partout. Des Algériens ont été tués ailleurs qu’en France. Et quel que soit le mobile, une vie d’Algérien est aussi importante qu’une autre vie d’Algérien. Tué par la France où par… l’Algérie elle-même, une vie reste une vie. Emmanuel Macron a trouvé une situation qui existait avant sa naissance. Pourquoi se voit-il obligé de se déculotter ? Pendant qu’on y est, pourquoi Tebboune ne devrait-il pas passer toute sa magistrature à demander pardon pour les crimes commis par ses prédécesseurs ?

On enterre certains passés et on en met d’autres en hibernation, pour les réveiller quand on en ressent le besoin. Telle une arme, l’Algérie se sert de ce passé contre les Français de notre époque qui n’ont rien, absolument rien à voir avec ce lourd passé, fruit de la bêtise humaine, de la bêtise de la France : celle du passé. Aujourd’hui, c’est une toute autre France qui est là : ouverte au dialogue, à la coopération, qui respecte la souveraineté de l’Algérie. Que peut-on alors lui reprocher ?

Rien, à moins que l’on ne soit mu de mauvaise foi. S’il faut déterrer le passé, alors déterrons tous les passés. Assassinats en Algérie, meurtres, kidnappings… Le tout collé sur le dos de l’actuel dirigeant. Car, malheureusement, chaque Président français qui arrive au pouvoir se voit donné pour responsable de ce lourd passé qu’on tente de lui coller sur la conscience. Les choses ont changé, des pages ont été tournées. Cette politique de victimisation exploitée par les dirigeants algériens doit cesser.

L’actuel Président français, Emmanuel Macron, n’a rien fait s’agissant de ce passé colonial. En restituant vendredi les restes de 24 combattants algériens tués au début de la colonisation française au XIXe siècle, il a voulu remettre à César ce qui appartient à César. Encore une fois, il est étranger à cette affaire. Si le contraire est considéré, autant demander à Abdelmadjid Tebboune de répondre de TOUS LES CRIMES commis par Abdelaziz Bouteflika.