Putsch au Niger : ballet de médiateurs pour rétablir le Président Bazoum


Lecture 3 min.
Mohamed Bazoum, Président du Niger
Mohamed Bazoum, Président du Niger

Une délégation de chefs religieux nigérians est au Niger, depuis hier samedi, pour rencontrer les auteurs du coup d’État du 26 juillet. Il s’agit de la énième médiation pour réinstaller au pouvoir le Président Mohamed Bazoum.

Mahamat Déby, premier émissaire au Niger

Depuis le coup de force mené, le 26 juillet 2023, par les militaires de la Garde présidentielle, des médiations sont tentées pour un retour à l’ordre constitutionnel. Il est question pour les instances internationales, comme la CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest), l’ONU (Organisation des Nations-Unies) et l’UA (Union Africaine) de rétablir dans ses fonctions le Président démocratiquement élu, Mohamed Bazoum.

Dès le lendemain du putsch, le Tchadien Mahamat Idriss Déby a été dépêché au Niger. Bien que n’étant pas membre de la CEDEAO, ce pays, qui partage des frontières avec le Niger et le Nigeria, a été invité au sommet extraordinaire sur le coup de force. C’est dans ce contexte que le dirigeant tchadien a été mandaté ai Niger pour rencontrer les militaires putschistes. A Niamey, le Président tchadien a été reçu par l’ancien chef d’état-major, le général Salifou Mody.

La junte éconduit la CEDEAO, l’ONU et l’UA

Après le Tchadien, une délégation tripartite composée de la CEDEAO, de l’ONU et de l’Union Africaine avait prévu de se rendre au Niger pour rencontrer les putschistes. La mission devait être dirigée par l’ancien Président nigérian, le général Abdusalami Abubakar. Sauf que la junte a opposé une fin de non-recevoir à cette visite. « Le report de la mission annoncée le 8 août 2023 à Niamey s’avère nécessaire, tout comme la révision de certains aspects du programme », avait indiqué la junte.

Pour les putschistes, les rencontres avec certaines personnalités « ne peuvent avoir lieu pour des raisons évidentes de sécurité, dans cette atmosphère de menace d’agression contre le Niger », avait indiqué le ministère nigérien des Affaires étrangères et de la coopération, dans une note adressée au Représentant résident de la CEDEAO. Une nouvelle mission au Niger des chefs coutumiers du Nigeria avait eu lieu dans la semaine. Une rencontre avec le général Abdourahamane Tchiani, qui n’a rien donné.

Des chefs religieux musulmans à Niamey

Hier samedi, c’est une délégation de chefs religieux musulmans qui a débarqué à Niamey. Cette délégation a rencontré, en début de semaine, à Abuja le président en exercice de la CEDEAO, par ailleurs Président du Nigeria, Bola Tinubu. L’objectif est le même : tenter une médiation entre l’instance régionale et la junte nigérienne. La délégation a été reçue par le Premier ministre civil récemment nommé par la junte, Ali Mahaman Lamine Zeine.

Cette visite intervient alors que la CEDEAO a donné son feu vert pour une intervention militaire au Niger « dans les plus brefs délais ». Prévue ce samedi 12 août à Accra, la capitale du Ghana, la réunion des chefs d’état-major de la CEDEAO, a été reportée à une date non encore déterminée. Les responsables militaires devaient « s’accorder puis faire part à leurs dirigeants des meilleures options » quant à leur décision d’activer et de déployer la « force en attente ». L’objectif étant de rétablir l’ordre constitutionnel au Niger.

Avatar photo
Journaliste pluridisciplinaire, je suis passionné de l’information en lien avec l’Afrique. D’où mon attachement à Afrik.com, premier site panafricain d’information en ligne
Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News