Purge dans la fonction publique centrafricaine

Le Premier ministre centrafricain Elie Doté a annoncé jeudi à Bangui, une « mesure conservatoire réglementaire de suspension de solde de trois mois à l’encontre de tous les agents concernés » par les cas de fraudes mis à jour par l’opération de contrôle de l’effectif de la fonction publique menée en septembre dernier.

Dans un message radiotélévisé en mi-journée, le chef du
gouvernement centrafricain a indiqué que cette mesure concerne tous les agents de l’Etat et les fonctionnaires, y compris les membres du gouvernement.

M. Doté a également souligné que des investigations destinées à « préciser l’ampleur des malversations » ainsi qu’une suite judiciaire pour les cas qui le nécessitent sont prévues afin que l’Etat puisse « recouvrer les sommes indûment perçues ».

S’agissant du bilan du contrôle effectué parmi les 17.933
fonctionnaires recensés pour la seule ville de Bangui, 1.699 cas d’irrégularités ont été décelés, ce qui donne un manque à gagner de 71.848.643 F CFA.

Les types de fraude mis en lumière par le contrôle concernent notamment la perception de salaires et indemnités liés à une fonction non exercée, la perception indue d’indemnités ou d’allocations familiales majorées, la perception indue des effets financiers d’avancements et la perception indue de salaire par des fonctionnaires fantômes c’est-à-dire ne faisant pas (ou plus) partie de la fonction publique.

Quelques heures après la déclaration du chef du gouvernement, la radio nationale a diffusé un arrêté du ministre de l’Equipement indiquant la liste des fonctionnaires tombant sous le coup de la mesure de suspension.

La publication par Elie Doté des résultats du contrôle effectué il y a un mois intervient au deuxième jour d’une grève d’avertissement déclenchée dans le secteur public par l’Union syndicale des travailleurs de Centrafrique (USTC) pour exiger neuf mois d’arriérés de salaires et le déblocage des salaires.

Selon L’USTC, l’économie réalisée grâce au contrôle de l’effectif des fonctionnaires devrait permettre au gouvernement de faire face dorénavant à tous ses engagements vis-à-vis des travailleurs.

A l’issue d’une revue en juillet dernier, une mission du Fonds monétaire international avait recommandé au gouvernement centrafricain de prendre des mesures vigoureuses pour augmenter ses recettes et, surtout, réduire la masse salariale en forte augmentation.