Proparco, partenaire du continent africain

Ce lundi, à Paris, la Proparco a rendu public son rapport annuel de 2011. Cet Etablissement public à caractère industriel et commercial français, filiale à 57% de l’Agence Française de Développement, cherche à inciter les acteurs privés à investir dans les pays émergents ou en développement dans le but de favoriser la croissance de ces pays. Ainsi, en 2011, la Proparco aura eu un fort impact sur le développement des pays dans lesquels elle est installée.

La Proparco, filiale financière détenue à 57% par l’Agence Française de Développement (AFD), a pour mission d’inciter à l’investissement privé dans les pays émergents et en développement dans le but de favoriser la croissance et le développement durable de ces pays. La Proparco est détenue à 26% par des organismes financiers privés français (comme BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale). L’entreprise finance ainsi essentiellement directement des entreprises, mais appuie également des intermédiaires financiers et aide au développement d’infrastructures avec un haut niveau d’exigence en matière d’impact sur le développement.

Proparco est très engagée en Afrique, notamment en Afrique subsaharienne où le montant de ses investissements dans la région s’élève à 250 millions d’euros en 2011. A l’occasion de la publication de son rapport annuel, Proparco présente un bilan plutôt positif de ses actions. 2011 aura notamment été marquée par l’intervention de cette filiale de l’AFD dans des pays en crise ou en sortie de crise, grâce à des investissements en faveur du développement d’infrastructures, mais aussi pour renforcer le secteur financier de ces pays.

Intervention dans des pays en crise ou en sortie de crise : la Côte d’Ivoire et la Tunisie

La Côte d’Ivoire et la Tunisie sont deux pays confrontés à une sortie de crise politique en 2011. La Proparco a souhaité accompagner ces pays fragilisés dans leur développement tout en voulant démontrer par leur investissement, la viabilité des entreprises dans ces pays. Ainsi, la Proparco soutient la relance de la filière sucrière en Côte d’Ivoire, en octroyant un prêt de 8 millions d’euros étalé sur neuf ans à Sucrivoire, la filiale sucrière ivoirienne du groupe Sifca. Ce programme vise à améliorer les rendements des usines de cette filiale implantées dans les régions de Zuenoula et Borotou-Koro. L’opération contribuera au maintien de l’économie d’approvisionnement de la Côte d’Ivoire en sucre sur son marché intérieur et va permettre de recruter 15 000 personnes dans les régions de Zuenoula et Borotou-Koro.

La Proparco a également souhaité faciliter l’accès aux médicaments génériques en Tunisie. En effet, l’institution financière est entrée au capital d’Unimed, un acteur régional de référence dans la production et la commercialisation de médicaments génériques, ce qui a pour impact de structurer la filière, de créer des transferts de technologies, et de rendre ces médicaments accessibles au plus grand nombre.

Développement des infrastructures en Afrique subsaharienne

La Proparco s’est également beaucoup investie dans de grands projets d’infrastructures, notamment dans le domaine des transports. En 2011, elle a apporté son soutien à Rift Valley Railwaiys à hauteur de 10,7 millions de dollars afin de réhabiliter la ligne ferroviaire reliant le Kenya à l’Ouganda. Cette opération a ainsi diminué les coûts de transport et va permettre de renforcer la croissance du port de Mombasa.

Au Togo, elle a développé un transport maritime. Ce projet consistait à financer la construction d’un terminal à conteneurs dans le port de Lomé. Ce projet générera 670 emplois directs, 5 millions d’euros de revenus annuels directs pour l’Etat.

A Dakar, au Sénégal, la Proparco a octroyé un prêt de plus de 16 millions d’euros à Dubaï Port World Dakar pour l’extension, la réhabilitation et l’exploitation du terminal à conteneurs de la Zone Nord du port de Dakar. Ce projet permettra la création d’emplois, l’augmentation des échanges commerciaux, le développement des activités de transbordement et l’accroissement des recettes de l’Etat.

Renforcement du secteur financier en Afrique subsaharienne

Dans le secteur financier, plusieurs opérations ont été menées dans le secteur de l’assurance, de la réassurance, mais aussi dans le domaine bancaire. Ainsi, la Proparco a pris une participation de 15 millions de dollars au capital d’une société de réassurance, Africa Re, dans le but de soutenir sa stratégie d’expansion. Cet investissement va permettre à cette société de rivaliser avec les réassureurs internationaux. Cette opération va permettre, sur le long terme, de contribuer à l’approfondissement des marchés de l’assurance et de la réassurance.

La Proparco accorde aussi un large soutien aux banques en Afrique en créant, en partenariat avec la banque européenne d’investissement, un fonds européen de financement solidaire pour l’Afrique (FEFISOL) qui est le premier instrument de micro-financement rural spécialisé dans l’appui au commerce équitable et aux petites entreprises de production biologique. Ce fonds permettra de répondre aux besoins de refinancement des institutions de micro-finance rurale.

En 2012, la Proparco souhaite approfondir ses actions en Afrique subsaharienne , notamment dans l’agro-industrie, les infrastructures et le secteur bancaire.