Procès Kenyatta : la CPI lâche du lest pour ne pas froisser les Etats africains

Le procès à la Haye du Président kényan Uhuru Kenyatta, prévu en février 2014, a provoqué la colère de nombreux Etats africains. Pour éviter d’exacerber les tensions, les Etats membres de la CPI ont décidé de revoir leurs procédures pour permettre notamment à certains suspects qui exercent une fonction publique de participer à leur audience au tribunal au moyen de vidéos-conférences.

La Cour pénale internationale (CPI) pourrait revoir sa position vis-à-vis de Uhuru Kenyatta, poursuivi pour crimes contre l’humanité durant les violences-post-électorales de 2007-2008, après avoir décidé qu’il assistera à son procès à la Haye, prévu en février 2014. Un procès qui a provoqué l’ire de nombreux Etats africains qui ont réclamé son annulation à la CPI pour permettre au dirigeant kényan de gérer les affaires de son pays. Pour calmer les tensions entre elle et les Etats africains, la juridiction internationale a décidé de revoir ses procédures, pour permettre notamment à certains suspects qui exercent une fonction publique de participer à leur audience au tribunal au moyen de vidéos-conférences.

Selon le texte adopté par les Etats membres de la CPI, daté du 26 novembre, « les nouveaux changements permettront aux magistrats d’accorder une exemption à un suspect qui est mandaté pour assumer une fonction publique exceptionnelle au plus haut niveau de la nation ». D’autant que le Vice-président kényan, William Ruto, est aussi poursuivi par la juridiction internationale pour crimes contre l’humanité durant les violences post-électorales de 2007-2008, qui ont fait plus de 1 000 morts et des milliers de déplacés.

Les deux responsables kényans ainsi que leurs pays alliés au sein de l’Union Africaine (l’UA) ont demandé à ce que le procès soit annulé ou reporté pour pouvoir faire face à la menace terroriste qu’encourt leur pays. Mais jusqu’à présent, la CPI a rejeté leur requête. Reste à savoir si la proposition de participer à leur procès au moyen de la vidéo-conférence sera acceptée par les dirigeants kényans ainsi que leurs pays alliés au sein du continent.