Procès imminent de Hissène Habré au Sénégal : les victimes « soulagées »

Fixé au 20 juillet 2015, par les Chambres africaines extraordinaires (CAE), le procès de Hissène Habré est impatiemment attendu par les surveillants, les veuves et orphelins.

L’Association des Victimes de Crimes du Régime de Hissène Habré (AVCRHH) déclare, dans un communiqué de presse, signé ce lundi 18 mai 2015, se réjouir de la date fixée par les chambres africaines extraordinaires (CAE), chargées d’organiser le procès.

« L’imminence du procès prouve que nous avions raison d’emprunter le chemin de la justice pour recouvrer notre dignité, plutôt que celui de la vengeance », a déclaré l’AVCRHH, par la voix de son président, Clément Abaifouta, selon qui, en dépit de nombreux obstacles et des menaces dressés sur son parcours, la patience, la persévérance et la ténacité ont fini par triompher sur le mépris, le mensonge et la récupération.

Pour l’association, durant la « longue campagne parsemée d’embuches », plusieurs de ses membres sont décédés, mais, la nouvelle de voir juger Hissène Habré a laissé place à la joie dans ses rangs. Elle rappelle aussi qu’en décembre 2014, la justice tchadienne avait jugé les anciens agents de la DDS, police politique du régime déchu. Ils ont été condamnés par la cour criminelle de N’Djamena. Le procès de Hissène Habré aura lieu le 20 juillet 2015, et il sera jugé pour des violations massives au Tchad, lors de son règne.

Toujours, selon l’AVCRHH, l’Etat tchadien aurait promis de verser 75 milliards FCFA aux victimes en guise de réparation, elle reste mobilisée pour recouvrer ses droits et préparer « sereinement » ledit procès.

Mutisme de Habré

Depuis son arrestation, en juillet 2013, Hissène Habré ne cesse de contester la légitimité des Chambres africaines. Le 15 mai dernier, sa défense a dénoncé un procès « totalement vicié », qui ne respecterait pas des « principes d’organisation et des règles fondamentales de procédure pénale ».

« Le mutisme affligeant de Hissène Habré ne nous arrêtera pas dans notre détermination. Son refus annoncé de ne pas assister aux audiences est une insulte aux survivants et aux 40 000 personnes qui ont péri dans son système de mise à mort », a réagi l’AVCRHH.

Pour rappel, Hissène Habré a dirigé le Tchad de 1982 à 1990 avant d’être renversé par l’actuel Président, Idriss Deby. Ce dernier est au pouvoir depuis 25 ans.