Procès de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire: deux militaires relaxés faute de preuves

Deux militaires accusés d’avoir tiré des obus sur le marché Siaka Koné et le village SOS d’Abobo au cours de la crise post-électorale, causant plusieurs morts, ont été acquittés par le Tribunal militaire d’Abidjan en Côte d’Ivoire faute de preuves.

Plusieurs obus lancés sur le marché Siaka Koné et le village SOS d’Abobo, quartier nord d’Abidjan, avaient, selon certains témoins, causé la mort de plusieurs personnes, le 17 mars 2011. Ce lundi, le tribunal militaire de la capitale économique de la Côte d’Ivoire a acquitté deux militaires, le Commandant Gnahoua Dablet et le Maréchal des logis chef Eric Brice Tanoh Kamana, présentés comme des responsables de cet événement, pour « accusation mal fondée ».

A la date présumée de l’événement, la Côte d’Ivoire est alors en pleine guerre civile suite à l’élection présidentielle de décembre 2010. Les partisans de Laurent Gbagbo et ceux d’Alassane Ouattara, proclamant tous deux leur victoire, s’opposent violemment.

« Le parquet dubitatif »

Le Maréchal des logis chef Eric Brice Tanoh Kamana était le seul des deux accusés à reconnaître l’existence des ces tirs : « Je reconnais avoir tiré les obus mais à la date du 12 mars 2011 sur ordre du Commandant Gnahoua, mon supérieur », rapporte APA, tout en indiquant que l’objectif visé était la forêt du Banco. Le Commandant Gnahoua Dablet a nié ces accusations. « Comment puis-je donner des ordres alors que j’ai relevé mon prédécesseur ce 12 mars aux environs de 14h ? », a-t-il répliqué.

« Le parquet reste profondément dubitatif par rapport à l’ordre, la date de l’évènement, l’objectif et le nombre d’obus » prétendument tirés ce 17 mars, a conclu le substitut du commissaire du gouvernement, le capitaine Francis Gabo.

L’heure est au procès des crimes de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Près de 83 partisans et proches de l’ex-président Laurent Gbagbo, dont Simone Gbagbo sa femme, ont été jugés la semaine dernière au cours d’un procès qualifié de « politique » par l’opposition. Un autre jugement de 14 membres de la garde rapprochée de l’ancien chef d’Etat a aussi débuté jeudi dernier.