Présidentielle en RDC : Vital Kamerhe tente sa chance

Vital Kamerhe bascule dans l’opposition. L’ancien proche du président Joseph Kabila vient de claquer la porte du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) au pouvoir et mettre sur pied son propre mouvement politique. En ligne de mire : la présidentielle de novembre 2011. Au lendemain de l’annonce de sa candidature, des heurts ont éclaté mercredi à Goma où il devait tenir un meeting électoral.

Du bruit et de la fureur. La candidature de Vital Kamerhe, l’ancien proche du président Joseph Kabila devenu opposant, à la présidentielle de novembre 2011 en République Démocratique du Congo (RDC) ne cesse de provoquer des remous. Mercredi, au lendemain de l’annonce, la police a tiré en l’air pour disperser des manifestants à Goma (dans l’est du pays) où il devait tenir un meeting électoral. Selon le maire de la ville, des incidents ont éclaté entre ses supporteurs et ceux du parti présidentiel qui dénonçaient « le traitre ». Bilan des violences : 20 blessés, selon le camp Kamerhe.

Vital Kamerhe n’a pas pu tenir son meeting à Goma mercredi, mais il avait fait l’essentiel la veille en transformant une simple conférence de presse en véritable show politique à Kinshasa, sonorisation et écran géant à l’appui. Le nouveau trublion de l’opposition ivoirienne a officialisé à l’occasion sa rupture avec le pouvoir, en annonçant sa démission de son siège de député ainsi que son départ du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Et d’adopter une posture christique pour annoncer sa candidature à la présidentielle : « Si mes camarades du parti entérinent ma candidature et si telle est la volonté de Dieu et du peuple congolais, je briguerai la magistrature suprême en 2011. Je n’ai pas peur de porter cette croix parce que je sais que des filles et des fils de ce pays sont là, prêts à nous épauler », a-t-il lancé à ses partisans, cité par RFI. C’est sous la bannière de son nouveau parti, l’Union pour la nation congolaise (UNC), crée en juin, qu’il compte se lancer dans la course.

« Un choix personnel courageux »

La presse congolaise est partagée sur l’entrée de l’ancien président du parlement et ami de Joseph Kabila en dissidence. C’est « un choix personnel courageux », a salué le journal La Prospérité pour lequel, « sans mâcher les mots, Kamerhe a critiqué la gouvernance actuelle qui n’a pu répondre aux besoins primaires des Congolais dans presque tous les domaines, en dépit des promesses faites en 2006 », au cours de la conférence de presse de mardi. Le Quotidien L’Avenir estime en revanche que sa candidature n’a d’autre motivation que sa rancune d’avoir été poussé à la démission de la présidence de la chambre basse : « Vital Kamerhe a été démissionné. Toute la tentative de faire croire qu’il avait pris l’initiative de partir, n’est ni honnête ni politiquement morale. En niant tout progrès dans l’action dont il est un des artisans, Vital Kamerhe s’est inscrit sur la voie de la vengeance et s’est mis dans la peau d’un aigri ».

S’il a claqué la porte du parti au pouvoir et quitté le parlement, Vital Kamerhe n’a pas pour autant l’intention de faire cavalier seul. A la mi-septembre, il avait rendu visite à Jean-Pierre Bemba, la bête noire du président Kabila, détenu par la Cour pénale internationale, pour chercher son appui. Le jeu des alliances a commencé.