Présidentielle en Guinée: après la victoire d’Alpha Condé, l’opposition dénonce des fraudes

En Guinée, deux jours après que la Commission électorale nationale indépendante ait donné vainqueur le Président sortant Alpha Condé à l’issue du premier tour de la Présidentielle, l’opposition ne décolère pas, elle dénonce des fraudes.

En Guinée, l’opposition n’accepte toujours pas les résultats du premier tour de la Présidentielle qui donne vainqueur le Président sortant Alpha Condé avec 57,85% des voix. L’opposition dont le candidat Cellou Dalein Diallo s’est retiré du processus électoral, parle de mascarade électorale et dénonce des fraudes. Elle appelle la population à des manifestations.

Pour Cellou Dalein Diallo, il s’agit d’une « mascarade». Il a annoncé, ce lundi, renoncer à saisir la Cour constitutionnelle, institution dont il conteste l’indépendance mais à laquelle il revient de proclamer les résultats définitifs de cette élection. En revanche, il a indiqué qu’il appellerait, « le moment venu, les autres candidats et tous les citoyens qui sont les vraies victimes de ce hold-up électoral à organiser, conformément à la loi, des manifestations pacifiques ».

Le 11 octobre dernier, les Guinéens se sont rendus aux urnes dans le calme après plusieurs jours de violences meurtrières à Conakry. L’opposition est convaincue qu’Alpha Condé n’a pas obtenu sa victoire de manière tout à fait légale. Selon ses adversaires, c’était irréalisable sans fraude caractérisée, cinq ans après sa victoire sur le fil au second tour sur Cellou Dalein Diallo.

Pour l’emporter, Alpha Condé s’est appuyé sur le bilan de son mandat : réforme de l’armée et de la justice, achèvement du barrage hydroélectrique de Kaléta, transparence sur l’attribution aux sociétés minières de contrats d’exploitation des précieuses ressources du pays alors que l’opposition pointait du doigt sa mauvaise gestion du virus Ebola qui sévit dans le pays depuis décembre 2013.

Avec le slogan de campagne « Le coup KO», Alpha Condé comptait bien remporter le scrutin au premier tour. C’est désormais chose faite même si la Cour constitutionnelle doit encore valider les résultats. « Cela ne doit surprendre personne. La vérité est que les Guinéens sont reconnaissants », se félicitait Mory Bakayoko, un informaticien de Conakry. Certains redoutent une vague de violence dans le pays dans les prochains jours.