Présidentielle en Côte d’Ivoire : la diaspora ivoirienne de France confiante

A l’approche du premier tour de la Présidentielle en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens de France ont les yeux rivés sur les médias de leur pays d’origine pour s’enquérir du climat qui prévaut dans le pays, quatre ans après les violences post-électorales qui ont coûté la vie à des milliers de personnes. Réseaux sociaux, la radio télévision ivoirienne ou tout simplement le téléphone, les Ivoiriens de France sont quasiment présents dans leur pays, car aucune information ne leur échappe. Afrik.com est allé à leur rencontre. Reportage

La communauté ivoirienne est importante en France. De Paris en passant par Rosny-sous-Bois, Afrik.com est allé à la rencontre de ces Ivoiriens soucieux de l’avenir de leur pays. Le 10ème arrondissement de Paris, c’est une autre ville de la Côte d’Ivoire. En effet, c’est dans le quartier de Château d’eau, en plein cœur de cet arrondissement, que les jeunes Ivoiriens se retrouvent afin d’évoquer leur pays.

« Les violences post-électorales sont derrière nous »

Dans le quartier de Château d’eau, dans le 10ème arrondissement de Paris, les discussions vont bon train au sujet du premier tour de la Présidentielle en Côte d’Ivoire. Certains n’hésitent pas à afficher leur soutien au Président sortant Alassane Ouattara que tout le monde appelle ici ADO. C’est autour d’un déjeuner dans un restaurant turc, qu’Afrik.com a fait la connaissance d’Ibrahim Khalil Diakité, âgé de 33 ans, vivant en France depuis qu’il a une vingtaine d’années. « Je suis en France depuis que j’ai vingt ans, je suis la campagne en Côte d’Ivoire via les médias et réseaux sociaux, elle se déroule bien, selon moi en dépit du fait qu’il y a une minorité qui se lève et soutient l’ancien Président Laurent Gbagbo qui se trouve à la CPI ». A Rosny-sous-Bois, où travaille Mariam Sako, une Ivoirienne de 36 ans, la discussion tourne plutôt sur le bilan d’Alassane Ouattara à la tête du pays.

Aucune crainte de nouvelles violences post-électorales dans l’esprit des Ivoiriens de France. « Il y a beaucoup trop d’enjeux internationaux pour que les choses dégénèrent. Si jamais cela arrive, Ouattara n’hésitera pas à laisser sa place à celui qui sera élu démocratiquement, les violences post-électorales sont derrière nous ». En cinq ans, beaucoup de pays occidentaux ont investi en Côte d’Ivoire, du jamais vu depuis 1960, année d’indépendance du pays », estime Ibrahim Khalil Diakité, tout en dégustant des côtelettes qu’il a minutieusement pimentées. Mariam Sako, plus modérée dans ses propos, espère que « ces élections seront démocratiques et que le résultat soit accepté par tous. Et en premier par les différents candidats, qui n’essayeront pas de pousser la population à manifester leur mécontentement ».

«Alassane Ouattara a beaucoup œuvré pour la Côte d’Ivoire»

Le bilan d’Alassane Ouattara est au menu des discussions à Château d’eau et à Rosny-sous-Bois. Pour Ibrahim Khalil Diakité, « le pays était mal en point, Alassane Ouattara l’a redressé en cinq ans. Il a construit des routes, des hôpitaux, de nouvelles écoles, l’école est désormais obligatoire de 6 à 16 ans. Tous les villages sont désormais électrifiés, l’eau est potable, Alassane Ouattara a beaucoup œuvré pour le pays ». Mariam Sako, elle aussi, dresse un bilan très positif du mandat d’Alassane Ouattara. « ADO a rétabli l’unité de la Côte d’Ivoire et il ne plus y avoir ce conflit rebelle contre pro-Gbagbo qui divisait le pays. En plus, il t a eu une augmentation du SMIC ( salaire minimum interprofessionnel de croissance) ivoirien, le pays est redevenu le premier producteur mondial de cacao, la construction d’un troisième pont dans la capitale. Il a économiquement redynamisé la Côte d’Ivoire, la preuve est que des entreprises comme la Fnac, Carrefour ou encore KFC s’installeront bientôt dans le pays. Air France propose désormais deux vols par jour et Corsair desserte maintenant Abidjan. ADO a apporté la sécurité et la stabilité du pays. Je peux ré-envisager aujourd’hui des projets, ce qui n’était pas le cas il y a environ cinq ans ».

En ce qui concerne la diaspora, les Ivoiriens de France semblent satisfaits des actes du Président sortant. « Alassane Ouattara a facilité les achats de maisons en Côte d’Ivoire pour les immigrés, les procédures ont été facilitées », indique Ibrahim Khalil Diakité qui, après avoir dégusté ses côtelettes, sirote un café. « ADO compte remettre en place la double nationalité, il est important qu’il fasse un second mandat pour poursuivre ce qu’il a entamé pour valoriser la Côte d’Ivoire », indique Mariam Sako pressée d’aller à son travail.

Certains observateurs annoncent que l’élection est jouée d’avance. « Une élection ne peut pas être jouée d’avance. Oui Alassane Ouattara est favori mais il fait face à des adversaires d’expérience comme Affi N’Guessan », estime Mariam Sako qui ne pourra pas aller voter car elle a perdu sa nationalité ivoirienne en se naturalisant française. Quant à Ibrahim Khalil Diakité, il n’ira pas voter car il n’a pas eu le temps de faire sa carte d’électeur, mais pour lui le problème au niveau de l’après-Ouattara».