Présidentielle au Malawi : la bataille du décompte des voix fait rage

Le climat est toujours tendu au Malawi après la Présidentielle contestée par la Présidente sortante Joyce Banda, qui a réclamé à ce que les voix soient recomptées. Une situation qui agace Peter Mutharika, le frère du défunt Président Bingu wa Mutharika, sûr de sa victoire, accusant la commission électorale de prendre le pays « en otage » en voulant recompter les bulletins.

Après la Présidentielle contestée du 20 mai, l’ambiance est toujours aussi électrique au Malawi. Alors que la Présidente sortante Joyce Banda a réclamé à ce que les voix soient recomptées, dénonçant des fraudes, son adversaire, Peter Mutharika, le frère du défunt Président Bingu wa Mutharika, sûr de sa victoire, a accusé la commission électorale de prendre le pays « en otage », en voulant recompter les bulletins.

Toutefois, si la justice le décide, les résultats pourraient être annoncés dès ce vendredi. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Peter Mutharika, 74 ans, frère du défunt Président, qui a été remplacé par Joyce Banda, Vice-présidente à l’époque, pense tenir désormais sa revanche. Selon les premières estimations, il sortirait largement en tête du scrutin présidentiel, avec 36% des suffrages, a indiqué à l’AFP un responsable proche de la commission électorale, sous couvert de l’anonymat, à la fin du dépouillement. Le candidat de l’ancien parti unique du dictateur Kamazu Banda, Lazarus Chakwera, serait deuxième avec 28%, et Joyce Banda seulement troisième avec 20%, victime notamment de l’impopularité de ses mesures d’austérité économique.

Dans l’attente des résultats officiels, le climat est de plus en plus tendu dans le pays. La police anti-émeute est intervenue dans la capitale économique, Blantyre, pour disperser une trentaine de manifestants munis de branches d’arbres, qui réclamaient la publication immédiate des résultats. Ils vont devoir faire preuve de patience, car c’est seulement ce jeudi que la justice devrait examiner la légalité de l’opération de recomptage des bulletins, décidée par la commission électorale, mais furieusement contestée par le camp Mutharika.