Présidentielle au Liberia : Ellen Johnson au coeur de la polémique

Ellen Jonhson est en tête de l’élection présidentielle avec 44,5% des voix, selon les résultats provisoires, a annoncé jeudi la Commission électorale. Cette avance de la présidente sortante, qui a reçu le Prix Nobel de la paix quatre jours avant le scrutin, est contestée. Son principal adversaire, Winston Tubman, dénonce un coup médiatique du comité du Prix Nobel et des fraudes électorales.

Ellen Johnson Sirleaf est bien partie pour un deuxième mandat. D’après les résultats provisoires de l’élection présidentielle, la présidente sortante du Liberia âgée de 72 ans arrive en tête avec 44,5% des bulletins de vote déjà dépouillés, devant Winston Tubman (CDC) avec 26,5%, a annoncé jeudi la Commission électorale nationale, lors d’une conférence de presse. Mais cette avance confortable de la présidente sortante fait polémique.

Les Libériens ont, en effet, participé mardi aux élections présidentielles opposant Ellen Johnson Sirleaf à Winston Tubman, 70 ans. Quatre jours avant le scrutin, la première femme présidente en Afrique, s’est vue attribuer le prix Nobel de la paix. Etait-ce le bon moment pour le lui remettre ? L’opposition dénonce une provocation et évoque même un prix « non mérité ». Winston Tubman, soutenu par l’ancien attaquant libérien George Weath, a également dénoncé, jeudi, des fraudes électorales. D’après lui, 800 000 bulletins de vote supplémentaires auraient été « discrètement glissés » dans les urnes. C’est ce qui aurait permis a Ellen Johnson d’arriver en tête. Une pratique jugée « scandaleuse » par le parti du candidat de l’opposition, le Congrès pour le changement démocratique (CDC). Le CDC reproche aussi à la Commission électorale nationale (CENI) de ne pas communiquer à ce sujet. Le président de la CENI, James Fromayan, et le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, ont préféré saluer le caractère pacifique de ces élections plutôt que de polémiquer sur d’éventuelles irrégularités. Ils n’ont d’ailleurs pas manqué de féliciter les Libériens pour avoir choisi « l’urne contre le fusil ». Leur participation massive a révélé un profond désir de changement dans un pays marqué par quatorze années de guerres civiles.

Un soutien à Charles Taylor contesté

Ces contestations ne viennent pas uniquement de l’opposition. Une partie du peuple reproche également à l’ex-présidente d’avoir manqué à ses devoirs. Ellen Johnson est pointée du doigt pour son incapacité à promouvoir l’économie ainsi qu’à maintenir le pays en paix. La présidente sortante est également accusée d’avoir soutenu financièrement Charles Taylor, l’ancien chef d’Etat, qu’elle avait promis de ne pas traduire en justice.

Malgré le bon déroulement des élections, les forces de l’ordre restent vigilantes : « Nous travaillons encore sur la sécurité avec la police nationale du Liberia, pour faire en sorte que le reste du processus se passe calmement », a déclaré la porte-parole de l’ONU. L’ONU s’était en effet particulièrement inquiétée du retour au Liberia des mercenaires libériens et ivoiriens ayant combattu après les élections post-électorales de Côte d’ivoire en novembre 2010. Selon la Commission électorale, les résultats définitifs des élections devraient être publiés le 26 octobre.