Présidentielle au Kenya : le clan Odinga dénonce des fraudes

Alors que la Commission électorale a annoncé, mercredi, que les résultats définitifs du premier tour de l’élection présidentielle vont être connus vendredi, le camp de l’actuel Premier ministre dénonce pour sa part des fraudes. Le second tour est prévu pour le 11 avril.

Le climat de l’élection présidentielle au Kenya reste tendu. D’autant plus que le camp de Raila Odinga, candidat et actuel Premier ministre, dénonce des fraudes lors du premier tour du scrutin.

« En tant que coalition, nous estimons que les opérations de dépouillement de l’élection nationale manquent d’intégrité et doivent être interrompues », a déclaré jeudi Kalonzo Musyoka, le colistier de Raila Odinga. « Nous avons la preuve que les résultats que nous recevons sont falsifiés », a-t-il affirmé, rapporte LeMonde.fr.

D’après les résultats, encore partiels, communiqués ce jeudi par la Commission électorale, Raila Odinga serait battu par Uhuru Kenyatta, candidat et vice-Premier ministre.

« Selon un décompte portant sur plus de 4,4 millions de bulletins de vote dépouillés (soit moins de la moitié du total), le vice-premier ministre, Uhuru Kenyatta, était en tête avec 2,4 millions de voix, soit plus de 50 %, contre 1,75 million de voix pour son rival Raila Odinga, le premier ministre sortant », indique LeMonde.fr.

Une élection sous haute tension

Près de 14 millions de Kényans ont été appelés lundi à voter pour l’élection présidentielle.

Mais le climat est tendu, depuis la mort de 17 personnes tuées quelques heures seulement avant l’ouverture des 30 bureaux de vote dans des affrontements ethniques.

Le spectre des violences post-électorales qui ont fait près de 1200 morts et 600 000 déplacés en 2007 s’invite ainsi dans ce rendez-vous électoral. Même si les spécialistes restent optimistes quant à l’issue de cet échéance électoral.

« Personnellement, je suis optimiste. Parce qu’il y a une nouvelle Constitution qui a réduit le pouvoir du président et renforcé celui du Parlement. Les enjeux sont donc moins importants qu’en 2004 et 2008 », confie à Afrik.com Lydie Boka. « La nouvelle Constitution d’Août 2010 a vraiment changé beaucoup de choses, vise à apporter une société plus équitable, ce qui fait que cette année l’élection présidentielle devrait être plus apaisée », ajoute la manager du site SrategiCo.fr. Et de conclure : « Ce sont aussi les élections locales, car en dehors de la présidentielle, les Kényans sont par ailleurs appelés à voter pour les représentants locaux ».

Comme Uhuru Kenyatta, le clan Raila Odinga avait pourtant promis de respecter les résultats. L’occasion de tenir cette promesse est, en tout état de cause, ratée à cause de cette dénonciation de fraudes faite par le colistier du Premier ministre sortant. Le second tour de la présidentielle se tiendra le 11 avril prochain.