Près de 200 cas de choléra à Madagascar

Sur 937 cas de diarrhée enregistrés à Fianarantsoa depuis le 13 novembre, 192 sont suspectés être des cas de choléra. La nouvelle de l’existence de l’épidémie malgache est confirmée depuis le 18 novembre dernier, après une analyse faite à l’Institut Pasteur.

Depuis le 13 novembre, date où les diarrhées ont commencé à gagner du terrain, 14 décès ont été enregistrés dont 4 à l’hôpital et 10 à l’extérieur. Sur les 50 fokontany de la ville, les plus atteints sont ceux de Beravina, d’Ankofafa, d’Ambalapaiso et d’Ambatomena où le nombre de cas suspects est égal ou supérieur à 9. La tranche d’âge la plus atteinte va de 45 à 50 ans. Selon le docteur Milghon Parson, médecin inspecteur, dont le service s’occupe intensivement de la lutte contre cette épidémie, le problème réside dans la faible capacité de la population à recevoir le message, outre la précarité de l’hygiène qui existe dans les différents quartiers de la ville.

Ceux-ci se divisent en trois parties : la zone urbaine, péri-urbaine et rurale. C’est dans la zone péri-urbaine que le choléra est le plus virulent à cause du mode de vie oscillant entre le traditionnel et le moderne, entraînant une hygiène douteuse ou inexistante. Ainsi, dans la ville, 48% seulement de la population a accès à l’eau potable et le reste utilise principalement des puits.

Assainissement

Pour la prévention, un assainissement des puits est justement entrepris dans les fokontany les plus touchés. Ainsi, depuis le début de l’épidémie, 320 puits ont été assainis avec un produit chimique appelé HTH. En ce qui concerne les autres moyens mis en ouvre pour la lutte, 11 dispensaires sont ouverts nuit et jour et 101 personnes sont mobilisées dans la détection et le traitement de la maladie. Le service du bureau municipal d’hygiène (Bmh) est aidé par l’armée pour l’ensevelissement des corps des défunts. Les médicaments sont gratuits et le stock est encore largement suffisant, selon le médecin inspecteur.

D’ailleurs, lors de son passage à Fianarantsoa, le Premier ministre Tantely Andrianarivo a offert des dons pour contribuer à la lutte. Cependant, on peut dire que celle-ci n’est pas gagnée. A part la mauvaise perception du message par la population, l’abondance de pluie, vecteur principal de la maladie et la morphologie en pente de la ville facilitent la prolifération. L’épidémie ne pourra être vaincue qu’avec l’implication de tous, aux différents échelons de la société. L’on ne dira jamais assez que le choléra est une maladie de comportement.

Bodo A