Première conférence panafricaine contre le trafic humain

Les nouvelles formes d’esclavage dont souffre l’Afrique font débat dans la capitale nigériane. Le président Obasanjo monte au créneau.

Une conférence panafricaine sur le trafic humain organisée par le gouvernement nigérian a commencé ce lundi à Abuja. Plusieurs dizaines de représentants de pays africains, d’organisations non gouvernementales, de l’ONU et de l’OUA sont réunis pour quatre jours afin de discuter des moyens à développer pour lutter contre ce fléau.

Les Africains sont les principales victimes de ce trafic mondial. C’est la première fois que des officiels africains débattent publiquement d’un problème, qui n’est évoqué au Nord que sous l’angle de l’immigration clandestine. C’est ce que n’a pas manqué de rappeler le président nigérian Olusegun Obasanjo en déclarant dans son discours d’ouverture :  » Il s’agit d’un commerce malsain qui menace nos femmes et nos enfants. Plusieurs années se sont écoulées depuis la fin du colonialisme et l’Afrique continue de souffrir de ce nouveau commerce d’esclaves « .

Des dizaines de milliers de Nigérians vendus chaque année

Pour leur seul pays, les officiels nigérians évoquent plusieurs dizaines de milliers de personnes, femmes et enfants, vendus à l’étranger chaque année. Nombre d’entre eux seraient destinés à la prostitution. La femme du vice-président du Nigeria, Titi Abubakar, a appelé à une initiative africaine contre le trafic humain  » particulièrement des femmes et des enfants qui sont devenus de pures marchandises monnayables sur des marchés ouverts dans les rues d’Europe, d’Asie et d’Amérique « .

Outre ce fléau, les thèmes abordés concernent les filières d’immigration clandestine en Europe et dans certaines branches d’activité, comme les champs de coton ivoiriens et les métiers de domestiques.

Une initiative courageuse de la part d’un Etat comme le Nigeria, considéré comme la plaque tournante des trafics humains de toute la sous-région.

En février 2000, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) avait organisé un forum sur le thème de l’exploitation internationale des enfants à Libreville.