Premier Tour cycliste international de Madagascar

Grande première pour le cyclisme malgache. La Grande Ile organise, depuis jeudi dernier, son premier grand tour international, rattrapant ainsi son retard sur les îles voisines de Maurice et de la Réunion. En plus d’un événement sportif régional, Le Tour de Mada se veut une vitrine du riche potentiel touristique national.

Par Badara Diouf

Le cyclisme a le vent en poupe sur l’Ile de Madagascar. En dépit de routes assez usées et inadéquates pour effectuer des distances à vélo « à tombeau ouvert », la Fédération malgache de cyclisme organise, depuis le 2 décembre et jusqu’au 12, son premier tour cycliste international. La Grande Ile n’avait plus organisé une telle compétition depuis une trentaine d’années et les « 1 000 km de Madagascar », également appelés le « Grand derby ». C’est donc un pari bien audacieux pour le pays et pour le président de l’organisation, Jean Claude Relaha, dix fois champion national de cyclisme, qui a la lourde tâche d’organiser l’événement.

« Le Tour de Mada comprend 13 équipes dont 11 malgaches. Soixante-treize coureurs malgaches, mais aussi trois coureurs de l’Ile de la Réunion et quatre de l’Ile de Mayotte. Le circuit, long de 900 Km, est composé de neuf étapes sur toute la Grande Ile de Madagascar, pour des distances moyennes de 100 Km par jour. (…) Nous sommes confiants car depuis le début, l’équipe nationale malgache est en tête ». Jean Claude Relaha travaille sur ce projet avec Francis Ducreux, ancien cycliste professionnel français à l’origine du Tour du Faso et PDG de Sporpub international.

Le budget du Tour de Madagascar est de 750 millions de francs malgaches (58 000 euros), selon l’AFP. Un budget que les sponsors locaux, tels la Bank of Africa – la compétition est également appelée Trophée Bank of Africa – ou le PMU, prennent totalement en charge, selon l’agence de presse française.

Une vitrine pour le tourisme national

Le Tour cycliste sera également l’occasion de promouvoir la beauté et la variété des paysages de la Grande Ile. D’autant plus que les autorités cherchent depuis la fin de la crise politique de 2003 à valoriser ce secteur, l’un des plus prometteurs pour le pays. Certes, les faibles moyens réunis ne permettent pas la réalisation de plans d’hélicoptères des milliers de Km de côtes ou des hauts plateaux malgaches, à l’image de ce qui se fait sur les grands tours européens. Mais les organisateurs prévoient des activités festives à chaque étape, pour faire connaître les villes d’accueil.

Contrairement au caractère plat du Tour du Burkina, considéré comme le plus grand d’Afrique, Madagascar a les moyens d’organiser de belles courses de montagne. L’étape la plus élevée amènera les coureurs à plus de 1 500 mètres au-dessus du niveau de l’Océan Indien. Le circuit amène ainsi les coureurs d’Ambositra à Antananarivo, du Sud au Nord, en passant par Antsirabe, avant une incursion vers l’Ouest et Analavory. La caravane du Tour prendra ensuite le chemin de la côte Est, vers Tamatave, Brickville et Moramanga, jusqu’à la capitale.