Prague : le FMI et la Banque mondiale confrontés à la grogne des ONG

Les représentants des ONG ont rencontré ce week-end les délégués de la Banque mondiale et du FMI, à Prague. Résultat : un tollé de contestations pour un rendez-vous manqué.

La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), réunis à Prague depuis mardi dernier, ne ressortent pas très glorieuses de leur rencontre avec des Organisations non gouvernementales (ONG) ce week-end à Prague. Une réunion qui devait pourtant créer un  » trait d’union  » entre ces institutions et la société civile. Avec d’un côté, les ténors de Bretton Woods, campés sur leur credo libéral, accusés de mener des politiques de développement sans tenir compte des besoins locaux – à l’instar de l’oléoduc Tchad-Cameroun. De l’autre, les ONG qui réclament l’annulation totale de la dette des pays les plus pauvres de la planète.

Le tout sur fond d’une croissance mondiale de 4,7 %, selon les prévisions du FMI. Le ministre britannique des Finances, Gordon Brown, qui préside un comité conjoint au FMI et à la Banque mondiale, dédié aux pays en développement, a même enfoncé le clou, en déclarant que pour onze pays africains très endettés, il ne s’agissait pas  » d’un problème de financement, mais d’un retour à la guerre civile dans ces pays « .

 » Transferts négatifs « 

Une ONG anglo-saxonne, Jubilé 2000, en a profité pour publier un rapport accablant intitulé  » Shadowy figures  » sur les  » transferts négatifs  » des pays pauvres vers les deux institutions. Le rapport révèle comment certains gouvernements, asphyxiés par la dette, utilisent les aides destinées au développement du pays pour rembourser les organismes financiers internationaux. Exemple : la Zambie aurait, selon le rapport, allouée 72 % de l’assistance extérieure pour rembourser le FMI. Dimanche, Jubilé 2000 organisait une marche anti-mondialisation à Prague. Un réseau d’ONG écologistes publiait également un rapport dénonçant les effets désastreux sur l’environnement de projets financés par la Banque mondiale.

Si les vieilles institutions de Bretton Woods prétendent mettre l’allègement de la dette au coeur des priorités, des réformes en profondeur sur leur rôle respectif semblent s’imposer.