Poursuivi par la CPI, Omar el-Béchir boude la prochaine assemblée de l’ONU

Le journal soudanais, « Al-Sayha », a révélé ce jeudi 7 août que le président soudanais, Omar el-Béchir, ne participera pas à la prochaine assemblée des Nations-Unies qui se tiendra à New York. Les raisons de son absence ne sont pas évoquées, mais les poursuites lancées contre lui par la CPI y sont pour beaucoup.

Le président du Soudan, Omar el-Béchir, ne participera pas à la prochaine assemblée des Nations-Unies prévue le mois prochain à New York. Selon le journal Al-Sayha qui a donné l’information, le Président sera probablement représenté par une délégation ministérielle.

Selon les sources citées par le journal Al-Sayha, une liste provisoire de la délégation a été préparée mais elle pourrait être modifiée à tout moment. Le journal martèle aussi que cette information vient contredire les déclarations d’Hassan Hamid Hassan, vice-ambassadeur soudanais auprès de l’Onu, qui avait confirmé cette semaine la présence d’Omar el-Béchir. Le Président el-Béchir avait déjà tenté de se rendre à New York en 2013, mais le gouvernement américain avait rejeté les démarches entreprises par le Président pour obtenir le visa. Selon le gouvernement américain, Omar el-Béchir n’avait pas respecté les normes exigées pour une demande de visa.

Rappelons que sous l’accord des Nations-Unis, les États-Unis sont contraints d’octroyer un visa aux autorités qui participent à des événements organisées par les Nations-Unies, sauf dans le cas où cela mettrait en danger la sécurité nationale. Cette semaine, le gouvernement américain a fait savoir qu’il n’a pas encore reçu une demande de visa émanant d’Omar el-Béchir.

Le Président soudanais est poursuivi par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour son présumé rôle dans la crise du Darfour qui a éclaté en 2003. Une crise durant laquelle 300 000 civils avaient péri et 2,5 millions de personnes forcées à l’exil. Khartoum avait catégoriquement nié les faits, arguant que seules 100 000 personnes avaient péri lors de cette guerre.

En juin dernier, la participation d’Omar El-Béchir au sommet de l’Union Africaine en Afrique du Sud avait suscité un tollé international. La CPI avait en effet exigé que le gouvernement sud-africain lui livre le président soudanais. Mais l’Afrique avait refusé d’obtempérer aux ordres de la Cour Internationale, en aidant Omar el-Béchir à fuir le pays.