Pourquoi Romney ne battra pas Obama

Dans la nuit de ce lundi à mardi, Barack Obama affronte Mitt Romney à l’occasion du troisième débat télévisé de l’élection présidentielle qui se concentrera sur la politique étrangère. Le président-candidat part favori au vu de la kyrielle de gaffes du candidat républicain sur ces thématiques. A deux semaines du scrutin, prévu le 6 novembre, le concurrent de l’actuel occupant de la Maison-Blanche nous semble avoir cumulé trop de retard pour prétendre devenir le 45e président des Etats-Unis.

Romney à égalité dans les sondages, battu sur tous les critères clés. A deux semaines de l’élection présidentielle américaine, Mitt Romney semble avoir cumulé trop de retard pour damer le pion au président-candidat, Barack Obama. L’histoire américaine ne trompe pas, pour être élu président, il faut, d’une part, être le gendarme interne et externe des Etats-Unis, mais d’autre part, il faut incarner son leadership. Hormis sa kyrielle de gaffes sur la politique étrangère, le candidat républicain à la Maison-Blanche, ne justifiant d’aucun bilan, ne rassemble ni à droite, ni à gauche.

Même si Mitt Romney est désormais placé à égalité (à 47%) dans les sondages nationaux avec Barack Obama, le président sortant garde de l’avance sur son concurrent républicain, si l’on se fie aux critères décisifs : les états clés, politique intérieure et étrangère, la réserve des électeurs, le taux de chômage, le bilan.

Etats clés

L’occupant actuel de la Maison-Blanche est, en effet, en tête dans deux (l’Ohio et la Floride) des trois états cruciaux. Depuis 1960, aucun Président américain n’a été élu sans gagner au moins deux de ces trois états, en comptant la Pennsylvanie.

Politique intérieure et étrangère

Comme ses clips de campagne le martèlent, Barack Obama peut se targuer de présenter un bilan correcte, avec notamment le sauvetage de General Motors pendant la crise économique et la promulgation de la réforme de la santé qui porte maintenant son nom, Obamacare. En matière de politique étrangère, le président sortant peut se féliciter d’avoir fait tuer Ben Laden mais aussi d’avoir rapatrié des troupes américaines d’Irak.

La réserve des électeurs

Le président-candidat est même placé largement en tête chez les étudiants, femmes et minorités. Le problème, rédhibitoire, de Mitt Romney c’est que, à quinze jours de l’élection, il ne s’est toujours pas imposé comme le candidat du rassemblement ni même dans son propre camp.

Le taux de chômage

La chute massive du taux de chômage aux Etats-Unis. Qui est passé sous la barre des 8% en septembre. Du jamais vu depuis l’arrivée de Barack Obama au pouvoir. Quand on sait que l’économie compte pour beaucoup dans l’élection du Président américain, le président-candidat sortant a marqué des points.

Si Barack Obama l’emporte ce soir, lors du troisième duel de la présidentielle, il ne faudra plus s’attendre à des miracles le 6 novembre, le jour du scrutin. Quand bien même le vote des indécis pourrait faire la différence, ces derniers se partageront les suffrages d’après les estimations des sondages. Sans compter les voix cumulées par le président sortant lors de la bataille des conventions, dont il est sorti vainqueur.