Pourquoi les Camerounais boudent le vaccin anti-Covid


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Opération de vaccination
Opération de vaccination

Après avoir reçu un don de 200 000 vaccins offerts par le gouvernement chinois, le Cameroun avait lancé sa campagne de vaccination contre le Coronavirus, le 15 avril 2021, dans la région du Littoral. Et ce jour, l’exemple avait été donné par le ministre de la Santé, Manaouda Malachie, et le maire de la ville de Douala, Mbassa Ndine, qui s’étaient fait vacciner en public.

Malgré le tapage médiatique accompagnant cette campagne, de nombreux Camerounais ne semblaient pas s’intéresser, car, pour eux, ce vaccin est inefficace et dangereux. Ce qui amène le gouvernement à changer le fusil d’épaule, par l’organisation des campagnes de sensibilisation à l’Assemblé nationale, puis au Sénat, en passant par le recrutement d’agents de santé communautaires pour visiter les ménages, sensibiliser et multiplier les centres de vaccination. Les points d’entrée et de sortie ne sont pas du reste. Allez donc savoir pourquoi les populations sont réticentes à la réception de ces vaccins.

Qu’est-ce-qui justifie cette peur et cette méfiance des populations camerounaises à l’égard des vaccins contre le COVID-19 ?

Le Cameroun, tout comme les autres pays du monde, est touché par une deuxième vague de contaminations plus agressive que la première, les spécialistes estiment que l’Afrique aura besoin de 1,5 milliard de doses pour vacciner 60% de sa population et atteindre l’immunité collective. Beaucoup comptent notamment sur le dispositif COVAX mis en place par l’Organisation mondiale de la Santé (l’OMS) et l’Alliance internationale pour les vaccins. Cette initiative est censée permettre de vacciner 20% des personnes les plus vulnérables dans le monde.

C’est dans cette lancée que les autorités camerounaises, au premier rang desquelles, Manaouda Malachie, ministre de la Santé, font des pieds et mains pour convaincre la population sur la nécessité de se faire vacciner. Mais leurs efforts semblent vains, pour ne pas dire, ils prêchent dans le désert, car, certaines personnes craignent la mort, d’autres veulent plus d’informations et de transparence des autorités avant de se laisser convaincre de se faire vacciner.

Nous constatons pour le déplorer, que la vaccination ne fait pas pour autant l’unanimité dans le pays. Beaucoup de Camerounais continuent de nier l’existence du Coronavirus et ne se protègent pas. Ils se tournent aussi plus facilement vers la médecine traditionnelle, notamment à base de plantes médicinales. « Le taux de vaccination contre le Covid-19 est encore très faible. L’objectif global de l’introduction du vaccin anti-Covid-19 est de vacciner au moins 80% des populations vulnérables à l’horizon décembre 2021 », avait déclaré Manaouda Malachie, dont les propos avaient été rapportés par la télévision nationale.

Cependant, face aux parlementaires, il avait déclaré que les 25 000 personnels de santé à la disposition de son ministère étaient insuffisants pour fournir des services de santé adéquats à l’échelle nationale. Le ministre camerounais de la Santé, Manaouda Malachie, avait souligné les difficultés et les enjeux de la couverture sanitaire universelle et de la vaccination contre le Coronavirus, lors d’une séance plénière extraordinaire, tenue dans la journée du mercredi 23 juin dernier, à l’Assemblée nationale.

« Je ne décourage pas les autres, mais moi, je ne suis pas prête à me faire vacciner contre cette maladie, mais je continue à observer toutes les mesures barrières, afin de prévenir les prochaines vagues de Covid-19  »

« Pour un service efficace », le secteur de la santé a besoin de « plus de 75 000 agents de santé » ainsi que « d’experts de la santé dans plusieurs domaines. Les Camerounais qui ont été inoculés avec les vaccins, jusqu’à présent, « se portent bien ». Ils sont moralement plus en sécurité que ceux qui n’ont pas été vaccinés », avait-il conclu, Selon Malachie, l’État camerounais fait face à « de nombreuses contraintes » et ne peut pas penser dans l’immédiat à la mise à niveau du personnel de santé.

« Lors d’une séance plénière extraordinaire à l’Assemblée nationale, un député, constatant que les populations camerounaises boudaient ces vaccins, avait sollicité le concours des sociétés brassicoles, mais surtout celles qui distillent et commercialisent de l’eau minérale. Selon lui, pour atteindre un bon nombre de personnes en un laps de temps, puisque l’eau est une denrée incontournable, les responsables de ces sociétés, moyennant une subvention, devaient aider le gouvernement dans l’inoculation du vaccin anti Covid-19, tout en introduisant des doses de vaccin dans certains bacs, surtout celles qui contiennent de l’eau minérale, afin de mélanger avant de vendre, et ceci, sans en modifier le prix », relate une ménagère.

« Entre vous et moi, quand vous entendez des propositions pareilles, venant de quelqu’un qui est censé représenter le peuple, comment allez-vous réagir ? N’est-ce pas là, une tuerie collective, pour ne pas dire un homicide programmé ? Avant même la proposition de l’Honorable Nanfouo David, pour ne pas le nommer, il y a eu des débats très houleux autour de ces différents vaccins, surtout sur leur date de fabrication et de leur utilisation. Alors que les commentaires portant sur la proposition de cet élu du peuple se poursuivaient, on a reçu comme un coup de massue sur nos têtes, les malversations portant sur la gestion des fonds alloués à la lutte contre la pandémie au Cameroun par le Fonds monétaire international (FMI) », poursuit-elle.

« Et les résultats des enquêtes ordonnées par le chef de l’Etat sont toujours attendus. Oh! Mais nous ne sommes pas des cobayes, pour tester ces variétés de vaccins sur nous. Lorsque certains personnels de santé et autres autorités refusent ces vaccins, c’est nous qui devons les accepter ? Nous ne parvenons déjà pas à joindre les deux bouts, c’est comme s’ils veulent précipiter notre départ de ce monde. Ils savent bien qu’on ne meurt pas deux fois. C’est quand même curieux de remarquer que ces vaccins ne font pas courir les personnes les plus nanties du pays. Je ne décourage pas les autres, mais moi, je ne suis pas prête à me faire vacciner contre cette maladie, mais je continue à observer toutes les mesures barrières, afin de prévenir les prochaines vagues de Covid-19  », ajoute-t-elle.

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